Archive | 18 juillet 2011

Mondial des Bleues – Sandrine, Sonia, Gaëtane, Louisa: Comment ne pas les aimer?

Gaëtane Thiney et les Bleues au coeur d'un des grands moments de liesse du Mondial 2011 en Allemagne, dont elles ont fini 4e.

Quatrième, parfois, c’est vraiment une très belle place. Certes, il n’y a pas de quoi pavoiser et jubiler comme les filles de Nadeshiko Japan – l’équipe nationale nippone de foot féminin -, intenable armada qui s’est incrustée en finale après avoir bloqué au premier tour depuis 1995 et a triomphé dimanche par surprise des favorites américaines. Ces dernières, n°1 au classement FIFA, doubles championnes du monde et triples championnes olympiques, pourront ressasser longtemps le scénario catastrophe d’un match qu’elles ont outrageusement dominé, où elles ont frappé les montants, et où elles ont dramatiquement sombré aux tirs au but. Ippon.

Les Bleues du foot français, battues dans des circonstances difficiles par lesdites Américaines en demi-finale de cette Coupe du Monde 2011, et battues encore samedi dans la petite finale par une rivale européenne (la Suède), n’ont pas même rapporté d’Allemagne, dont elles sont revenues ce lundi, une breloque à lustrer, à exposer tel un miroir de leur épopée. "Une place de c…", peste le joli feu follet Louisa Necib. Mais elles sont de vraies gagnantes dans l’histoire. Et on ne peut pas ne pas les aimer. Notamment pour trois raisons d’égale importance.

- Une performance sportive inédite.

Finir dans le dernier carré pour les Bleues, c’est presque aussi fort que le triomphe de France 98 chez les hommes. En 1998, le foot masculin tricolore avait déjà connu quelques âges d’or et vécu quelques épopées intenses ; en 2011, le foot féminin a découvert les sommets de son art. 40 ans après le premier match officiel de l’équipe de France féminine (en 1971, au lendemain de la reconnaissance officielle du foot féminin au terme d’une décennie militante), ces Bleues-là ont écrit le chapitre le plus fort de l’histoire de la sélection, qualifiée seulement pour la deuxième Coupe du monde de son histoire depuis que l’épreuve a été reconnue en 1991 par le FIFA (la France avait remporté le Mondial non officiel en 1978), sortie du tour de poules pour la première fois.

Dans le sillage du quart de finale à l’Euro 2009, qui avait aidé à cimenter le groupe sous l’égide de Bruno Bini arrivé à sa tête en 2007, l’espoir était né dès les éliminatoires pour le Mondial : 10 victoires, 50 buts inscrits, aucun encaissé. Des performances qui avaient amorcé un début d’union sacrée matérialisée par une belle médiatisation, aidée par l’ambassadrice Adriana Karembeu. En Allemagne, la spirale vertueuse s’est poursuivie fin juin-début juillet au premier tour, avec des succès sur le Nigéria (1-0, but de Marie-Laure Delie) et le Canada (4-0, dont un doublé de Gaëtane Thiney), synonymes de qualification en quart de finale malgré une défaite contre l’hôte allemand (2-4). En quart, l’aventure a bien failli tourner au vinaigre : il a fallu un mental phénoménal et un but égalisateur d’Elise Bussaglia à la 88e minute pour venir à bout, aux tirs au but, de l’Angleterre, et ainsi accéder à la demi-finale. Face aux Etats-Unis, en revanche, ce fut une autre paire de manches : costaudes et expérimentées, les Américaines n’ont pas fait de détail, douchant les espoirs français avec un réalisme chagrinant (3-1). La fin, la finale pour le bronze, est presque anecdotique : il a manqué le feu sacré des tours précédents et un peu de lucidité dans les deux surfaces pour accrocher le podium face à des Scandinaves qui ont gagné en infériorité numérique (2-1). Sur le pré, l’heure est au deuil d’un beau rêve, celui d’inscrire une première ligne au palmarès… Mais il sera bientôt temps de le ranimer, puisque ce parcours a qualifié les Bleues pour les Jeux Olympiques de Londres 2012.

- Une aventure humaine.

Ce lundi, les filles se séparent. Chacune va retrouver sa vie, qui en Bretagne, qui dans la région lyonnaise (dix joueuses évoluent à l’OL). Pas pour longtemps : il faudra retrouver la cohésion de groupe qui nous en a mis plein la vue en Allemagne dès septembre, avec le début des qualifications pour l’Euro 2013 (les Bleues se rassembleront auparavant pour un match amical le 22 août).

Seules cinq joueuses du groupe de vingt-et-une avaient pris part à la précédente et courte aventure mondiale, en 2003 : la doyenne et détentrice du record de sélections (hommes et femmes confondus) Sandrine Soubeyrand, 37 ans dont 14 en bleu soit 167 capes, la gardienne Bérangère Sapowicz, 28 ans, la capitaine incontournable (malgré son petit m62) et championne de France 2011 Sonia Bompastor, 31 ans, et ses deux coéquipières Laura Georges, 26 ans, et Sabrina Viguier, 30 ans. Autour de ce noyau dur, on a retrouvé une ossature d’habituées, à l’image d’Ophélie Meilleroux et Corine Franco en défense, de Camille Abily, de la meilleure joueuse de Ligue 1 Elise Bussaglia ou encore de la charmante et agile Louisa Necib au milieu, et des buteuses Gaëtane Thiney et la véloce Elodie Thomis. Et, bien sûr, la relève qui s’amorce, avec de belles promesses comme la très efficace Marie-Laure Delie, Laure Boulleau, la tour de contrôle Wendy Renard… Vu comme ça, on pourrait avoir l’impression d’une équipe à étages ; dans les faits, pas de crispation générationnelle. L’âme de cette équipe s’est forgée dans la victoire, elle s’endurcira dans la défaite – l’adage veut que ce soit "en forgeant qu’on devient forgeron", mais, en sport, c’est souvent en perdant qu’on apprend à gagner.

On se souviendra très certainement de la rencontre crispante face à l’Angleterre comme un des jalons fondateurs de cet esprit d’équipe, de cette solidarité capable de renverser des montagnes et d’imposer le foot féminin tricolore au sommet de la hiérarchie mondiale, mais aussi au sommet de l’actualité médiatique (1 040 000 téléspectateurs devant cette rencontre). Steve Mandanda, le portier international de l’OM, résumait bien le sentiment de tous, dans les colonnes de La Provence : "On sent dans ce groupe énormément d’amitié, de solidarité ; cette envie de gagner ensemble, ça fait plaisir à voir." A la minute de la qualification pour la demi-finale, l’explosion de joie était un plaisant spectacle. Quelques minutes plus tard, Bruno Bini, qui n’a cessé pendant l’épreuve de valoriser l’esprit du foot féminin (qui n’a rien à voir selon lui avec le pendant masculin), rapportera ce texto que lui envoya le génialissime entraîneur tricolore de handball Claude Onesta : "Ce n’est pas parce que l’on s’aime que l’on gagne mais c’est parce que l’on gagne que l’on s’aime un peu plus." Et de rebondir : "Claude, si tu savais comme on s’aime ce soir !" Après l’aplomb et la confiance lors des penalties, la joie exubérante de Camille Abily, les larmes de bonheur de la Jeannie Longo de la bande Sandrine Soubeyrand… Et Bruno Bini qui se lâche : "Je vous avait dit que les filles étaient comme des mortes de faim. Et aujourd’hui, on a fait sauter la banque !" En bref : elles en veulent, elles mouillent le maillot et elles ne jouent pas les stars. L’anti-Knysna.

- Une incroyable opération de communication

Les Bleues ont fait fort, c’est sûr. La couverture médiatique en témoigne. On a l’impression de revivre la situation du hand français quelques années en arrière, confidentiel malgré le côté spectaculaire de ce sport et la qualité de la sélection française. Quelques titres sont passés par là, et la donne bouge, lentement mais sûrement… Les filles du foot en ont besoin également : car si la France est dans le top 10 des nations du Foot féminin, les structures, les moyens et les retombées sont loin des autres pays majeurs. Le foot féminin en France, c’est une matière à paradoxes : performant mais non titré, vivace mais peu médiatique, en pleine explosion mais en manque de structuration.

Avec leur superbe parcours, les footballeuses françaises n’ont pas fait exploser que leur rayonnement qu’au sein de leur sport, ce que confirment notamment le classement final ainsi que les nominations au sein de l’équipe-type du Mondial de Laura Georges, Sonia Bompastor et Louisa Necib (la Japonaise Homare Sawa a été élue joueuse du Mondial).

La meilleure illustration du cap franchi est à n’en pas douter fournie par les deux unes imposées aux regards par le quotidien L’Equipe, dont la fameuse "Elles sont magiques". Le quotidien sportif s’était d’ailleurs lui-même livré à une revue de presse quasi-exhaustive témoignant de l’engouement galopant pour les Bleues. Et relevait ce témoignage d’une ancienne internationale tricolore, Hélène Foxonet, dans Libé : "L’engouement autour de l’équipe de France, je ne l’ai pas vu venir. Je me demande si on en parle parce qu’il n’y a pas d’autre actu, mais ça me fait très plaisir, commente "Fox". Cependant, le foot féminin n’est pas si médiatisé que ça, et dans les cours de récré, je n’ai pas l’impression que les garçons jouent plus avec les filles. Avant, on parlait des footballeuses quand elles se mettaient à poil, maintenant on en parle comme des sportives, tant mieux !" Imaginez si elles étaient allées au bout…

En télévision aussi, cet essor soudain s’est ressenti. Partenaire assidu du foot féminin, qu’elle souhaite aider à son éclosion médiatique, Direct 8 a pu se féliciter de rassembler 2 320 000 téléspectateurs (16,7 % de part d’audience) devant la demi-finale des Bleues face aux Etats-Unis mercredi dernier (avec un pic à 3 264 000 téléspectateurs). C’était tout simplement la première fois que Direct 8 passait la barre des 2 millions de téléspectateurs ; tout un symbole. A propos de la cote d’amour des footballeuses françaises, Thierry Chelman, directeur des Sports de la chaîne, a eu cette éloquente formule : "Le foot féminin est non seulement rapide, technique, sans temps morts, mais les filles se laissent aussi aimer par le public."

Le dernier aspect, et sans doute le plus important pour s’assurer de vibrer à nouveau dans le futur, concerne les coulisses du foot féminin. Profitant du buzz des Bleues pendant le Mondial, le président de la Fédération Française de Football Noël Le Graët (qui recevait les joueuses ce lundi au siège de la FFF) indiquait avoir mis en branle des initiatives pour dynamiser la discipline, en créant un comité dédié et en mettant à contribution les clubs pour l’ouverture de sections féminines à court terme. Le tout avec l’appui immodéré de la ministre Chantal Jouanno, très fier de "l’image extraordinaire" du sport français donnée par les Bleues. Et si le président de la Fédé déplorait que des gamines de 10 ans arrêtent le foot faute de club, il n’évoquait pas le fait qu’à l’heure actuelle bien des clubs refusent purement et simplement les fillettes. L’Equipe proposait dernièrement une très intéressante enquête sur l’attractivité du foot féminin français, conditionné par ses perspectives de développement et de ce constat implacable, il y a quelques semaines, d’un économiste du sport : "Le football féminin manque en France d’arguments essentiels à son développement : des clubs puissants assez nombreux, une formation coordonnée entre clubs et fédération pour installer de véritables filières de talents, sans oublier les stades et le public qui font partie du spectacle."

Le public, qui était bien au rendez-vous lundi après-midi pour la séance de dédicaces à la boutique Adidas des Champs-Elysées, semble prêt à se cramponner. Bravo, les Bleues ; un jour, c’est sur un bus à impériale que vous les descendrez, les Champs-Elysées.

Côte-d’Or : Une Saint-Vincent Tournante 2012 spéciale "climats de Bourgogne" !

Après un passage par Chassagne-Montrachet en 2010 et les villages de la côte de Nuits en 2011, la prochaine édition de la Saint-Vincent Tournante – fête du vin côte-d’orienne – sera dédiée aux climats de Bourgogne dans le cadre de la candidature de la région au patrimoine mondial de l’Unesco. La 68ème édition se déroulera les 28 et 29 janvier 2012 à Dijon, Beaune et Nuits-Saint-Georges.

Né à Huesca une cité espagnole au pied des Pyrénées, Saint-Vincent était l’archidiacre de Saragosse. Martyrisé sur ordre du préfet à Valence, il décéda le 22 janvier 304. La date de sa mort correspondant à la période climatique entre l’état d’hibernation de la vigne et celle du retour à la végétation, Saint-Vincent aurait été désigné saint patron des vignerons. D’autres hypothèses soulignent la présence du mot "vin" dans son nom alors que pour certains, son corps fut broyé sous les instruments de supplice comme la grappe de raisin sous le pressoir.

Comme chaque 22 janvier depuis 1937, la Confrérie des chevaliers du Tastevin honore Saint-Vincent dans un village différent de Côte-d’Or ; cette année, la confrérie mettra à l’honneur trois villes : Dijon, capitale de la Bourgogne, Beaune, capitale du bourgogne, et Nuits-Saint-Georges, symbole des grands crus de la Côte. Cette Saint-Vincent 2012 s’inscrit donc en rapport avec la démarche pour le classement des climats du vignoble de Bourgogne au patrimoine mondial de l’Unesco. Comme le veut la tradition, la première journée sera assez solennelle avec le défilé des confréries portant statues et bannières, précédant l’office religieux, alors que la seconde journée se veut "plus conviviale et culturelle avec des dégustations de l’ensemble des ‘climats de Bourgogne’, couplées à des animations-découvertes de lieux incontournables des trois villes".

Dijon : François Hollande passe ses troupes en revue mardi 19 juillet

Concernant les primaires, six compétiteurs sont déjà dans l’arène : Martine Aubry, ex première secrétaire du PS, François Hollande, favori des sondages, Arnaud Montebourg, député et président du conseil général de Saône-et-Loire, Ségolène Royal, candidate malheureuse de la Présidentielle 2007, Manuel Valls, héritier de Lionel Jospin, et Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche (PRG). Ils ont deux mois pour convaincre les sympathisants du PS et, plus largement, l’ensemble du corps électoral, avant l’échéance des primaires des 09 et 16 octobre 2011 et celle de la Présidentielle en 2012. Après l’affaire DSK, nombreux sont les ténors du parti à s’être retrouvés orphelins. Si un pacte existait bien entre l’ex-directeur du Fonds monétaire international (FMI) et Martine Aubry, François Hollande a réalisé le bon coup du mercato estival en récupérant le soutien de Pierre Moscovici. Ce dernier a d’ailleurs été nommé coordinateur de son équipe de campagne.

L’équipe d’Hollande se composera de trois cercles : le conseil politique, l’équipe de coordination et les responsables thématiques.  Le conseil politique rassemblera tous les mardis les parlementaires, les présidents de région et département, les maires de communes de plus de 10.000 habitants ou les premiers secrétaires fédéraux comme le Bourguignon Michel Neugnot. L’équipe de coordination devra elle couvrir les différentes fonctions d’une campagne. Présents dans les rangs : le sénateur-maire de Dijon, François Rebsamen, en charge de l’animation des réseaux et des élus ; le directeur de l’Entreprise publique locale d’aménagement de l’agglomération Dijonnaise (Eplaad), Thierry Lajoie, au poste de directeur de cabinet ; et la conseillère régionale Safia Otokoré en tant que conseillère presse. Enfin, le troisième cercle, celui des thématiques, doit permettre aux politiques de s’investir sur des grands thèmes. Parmi eux figurent Christophe Sirugue, député-maire de Chalon-sur-Saône (21), pour l’insertion par l’économie ; Nisrine Zaibi, conseillère municipale de Chalon-sur-Saône, pour les questions de jeunesse ; Benjamin Griveaux, vice-président du conseil général de Saône-et-Loire, pour l’économie sociale et solidaire ; François Rebsamen pour les questions de sécurité et d’intérieur ; François Patriat, sénateur et président du conseil régional de Bourgogne, ancien ministre de l’agriculture, qui traitera des questions d’agriculture et de consommation justement ; et enfin, Safia Otokoré, ancienne sportive de haut niveau également, pour le sport.

Du côté de Martine Aubry, un seul Bourguignon est présent dans l’équipe de campagne : Christian Paul, député de la Nièvre.

Défilé militaire du 14 juillet : Quand le débat prend une tournure nationaliste…

J’ai envie de remplacer un défilé militaire par un défilé citoyen". Par cette simple phrase prononcée jeudi 14 juillet 2011, Eva Joly, candidate Europe écologie Les Verts (EELV) à la Présidentielle de 2012, semble avoir remué une vieille blessure… À considérer les réactions de la classe politique, il semblerait que la candidate écologiste d’origine norvégienne ait touché un point sensible. Ouvrant le bal des polémiques à droite, François Fillon a en effet réagit brutalement, comme le rapporte Le Post.fr : "Je pense que cette dame n’a pas une culture très ancienne de la tradition française, de l’histoire française et des valeurs françaises". En une phrase lancée contre Eva Joly, Fillon a basculé dans le camp des dirigeants UMP qui font leurs les campagnes et obsessions du Front National. Il symbolise ainsi la dérive d’une droite à bout de souffle, dont le seul ressort semble être l’escalade xénophobe" (Lire icil’article). 

De son côté, le Parti socialiste se montre "embarrassé" depuis le début de la polémique résume Europe 1.fr : "Je pense que le 14 juillet, c’est d’abord un hommage donné à la République donc à notre armée, qui se bat aujourd’hui sur beaucoup de terrain", a estimé Martine Aubry. "Je pense qu’il faut garder ce défilé de l’armée pour représenter notre nation. Mais rien n’empêche en même temps de faire une fête de l’égalité chaque 14 juillet. Je crois que les deux vont bien de pair". (…) "Ségolène Royal a aussi estimé que "ce serait une très mauvaise idée que de remettre en cause nos traditions, le 14 juillet, c’est notre fête nationale, c’est la fête de la République, de nos trois valeurs, la liberté, l’égalité, la fraternité, et n’oublions jamais (…) que si nous sommes un peuple libre, c’est parce que justement des hommes et des femmes ont donné leur vie pour que nous (le) soyons". (…) Laurent Fabius s’est dit lui aussi "attaché au défilé du 14 juillet" (Lire ici l’article). 

La gauche, si elle ne semble pas de l’avis d’Eva Joly, ne l’a néanmoins pas attaquée sur ses origines étrangères, contrairement à la droite et l’extrême droite dont les propos ont fait réagir l’intéressée dimanche 17 juillet dans le journal Le Point : "Prétendre défendre la République en agitant le démon des origines est une hypocrisie dangereuse". (…) "De tels excès n’étonnent guère quand ils proviennent des habituels matamores de l’identité nationale", a ajouté l’ex-juge d’instruction. "Je ne permets pas que l’on mette en doute mon patriotisme. Je ne suis pas moins française que ceux qui me refusent le droit de m’exprimer" (Lire ici l’article). 

Le même jour, à Libreville au Gabon, le Premier ministre se félicitait pourtant de "la polémique" créée par ses propos selon Le Figaro.fr : "On me dit qu’il y a une polémique en France sur les propos que j’ai tenus en réponse à Mme Joly qui proposait de supprimer le défilé militaire du 14 juillet. Je vais vous dire : je m’en félicite parce que je suis en colère" (Lire ici l’article).

> Dans divers communiqués reçus vendredi 15 et samedi 16 juillet 2011, la classe politique régionale réagit également aux propos d’Eva Joly relatifs à la suppression du défilé militaire du 14 juillet. 

"Eva Joly / 14 juillet : une stigmatisation honteuse et irresponsable"

"Les Jeunes Actifs de l’UMP de Côte-d’Or condamnent les propos d’Eva Joly qui a stigmatisé de manière honteuse et irresponsable la Fête nationale, alors que 6 soldats français viennent de donner leurs vies en Afghanistan. Il est inadmissible qu’un responsable politique, qui plus est candidat à une élection présidentielle, puisse tenir de tels propos. 

Le défilé du 14 juillet est bien plus qu’un symbole ; c’est la reconnaissance et l’hommage de tout un pays pour celles et ceux qui se battent pour porter à travers le monde les valeurs de la République française et pour défendre la démocratie. C’est précisément, contrairement à ce que laisse entendre Mme Joly, l’expression de notre citoyenneté, d’un devoir collectif de mémoire, de gratitude et de fierté."

  • Communiqué Laurent Bourguignat, président du Cercle Gaulliste et conseiller municipal de Dijon (UMP) 

"La proposition de Madame Joly est une insulte"

"La proposition de Madame Joly de remplacer le défilé militaire du 14 Juillet par une « grande parade » est une insulte à notre pays, à ceux qui se battent pour lui, à ceux qui lui ont donné leur vie. Chaque jour, nos soldats se battent, non pas par instinct guerrier, mais pour défendre les valeurs de la Liberté, protéger les Français, affirmer la place de la France dans le monde. Ils le font au péril de leur vie. La mort tragique de 6 militaires en Afghanistan cette semaine nous le rappelle cruellement.  

L’armée, pilier de notre République, contribue à préserver l’indépendance nationale, à maintenir l’équilibre du monde, à le rendre plus juste contre les dérives extrémistes et la loi du plus fort. Le 14 Juillet est un rendez-vous incontournable pour que la Nation lui exprime son soutien, sa gratitude et sa reconnaissance." 

  • Communiqué de presse du Mouvement démocrate de Côte-d’Or (Modem)

"Le Mouvement Démocrate de Côte-d’Or, par la voix de son président François Deseille et de son porte-parole Pierre-Louis Monteiro, souhaite réagir aux propos tenus par la candidate Eva Joly (Europe-Ecologie Les Verts).

"Le Mouvement démocrate de Côte-d’Or est consterné par les propos tenus par Eva Joly concernant la suppression du défilé militaire du 14 Juillet. Le Mouvement Démocrate de Côte-d’Or souhaite rappeler à la candidate à l’élection présidentielle Eva Joly que le défilé du 14 Juillet est un symbole républicain, qui rend notamment hommage aux millions de Français qui ont servit sous les drapeaux pour assurer l’indépendance de notre pays et défendre nos idéaux démocratiques.

De plus, le Mouvement Démocrate de Côte-d’Or trouve ces propos particulièrement malvenus alors que six soldats français sont morts ces derniers jours aux combats en Afghanistan. Leurs sacrifices, tout comme ceux de leurs ancêtres, méritent d’être reconnus et commémorés par la nation au moins un jour par an.  

Localement, le Mouvement Démocrate de Côte-d’Or rappelle également l’importance qu’ont nos armées dans notre département de la Côte d’Or. Les Côte-d’Oriens bénéficient grandement de l’implantation de base aérienne (BA 102), des casernes (Auxonne,…) et de leurs retombés économiques. Dès lors, les défilés du 14 Juillet sont aussi des moments de communion et de reconnaissance entre la population locale et nos différents corps d’armées. Enfin, si une réflexion devait être menée sur notre armée, le Mouvement Démocrate de Côte-d’Or privilégierait plutôt  une réflexion quant à la réalisation d’une armée européenne de premier rang, capable de faire exister dans les faits une Europe politique et diplomatique efficace et écoutée."

"Contre la double nationalité"

"La candidature à l’élection présidentielle française de la franco-norvégienne Eva Joly, née en Norvège, est une aberration politique. Par comparaison, l’article II de la Constitution américaine et les amendements qui s’y rattachent fixent les critères d’éligibilité pour le président et le vice-président : pour être éligible à l’élection présidentielle américaine, il faut notamment être citoyen des Etats-Unis à la naissance. De plus, on s’assimile plus facilement à une nation lorsqu’on fait l’effort de renoncer à la nationalité de sa première patrie. C’est une décision difficile, bien sûr, incompréhensible peut-être pour les élites mondialisées, mais c’est surtout un acte magnifique, qui laisse envisager une parfaite assimilation à la nation française.

Sur un autre plan, Eva Joly est en retraite de la fonction publique depuis 2006. Mais d’une manière plus large, le cas Eva Joly met en lumière un sacré dilemme : comment peut-on agir en fonctionnaire de l’Etat de façon éthique, impartiale et responsable et se présenter aux différentes élections politiques ? Il convient de respecter la séparation des pouvoirs ; la fonction de candidat à une élection semble incompatible avec la fonction publique. Pratiquement dans toutes les démocraties du monde, l’exercice de la fonction publique et de la fonction politique est constitutionnellement incompatible ! Au travers de cette confusion des genres, politiciens et hauts fonctionnaires ne sont que les deux parties d’une même caste qui a mené la France aux déficits abyssaux que l’on connaît aujourd’hui et que nous allons léguer aux générations futures.

Tant qu’un fonctionnaire, national ou territorial pourra, à son gré, exercer un mandat sans avoir à démissionner, puis retourner dans son corps d’origine après son aventure politique, la France restera cette machine infernale aux mains de ceux, qui, prétendant la servir, pense en réalité qu’à se servir !"

Dijon : Le business des terrasses en plein boom

Combien coûte une terrasse pour un établissement dijonnais ? Combien rapporte-elle ? Comment se porte cette économie à Dijon ? Alors que cette manne financière explose pour l’été, dijOnscOpe a recueilli les regards de Nathalie Koenders, adjointe au maire de Dijon chargée du commerce et de l’artisanat, et d’Isabelle Grandin, secrétaire générale de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie en Côte-d’Or (Umih 21)…

Terrasse = jackpot ?

Les premiers rayons de soleil printanier ont chaque année le même effet : les cafés, bars et restaurants dijonnais installent un bout de leur commerce en plein air et la réaction ne se fait pas attendre ; pendant quatre mois, les consommateurs boiront leur expresso ou leur jus de fruit en terrasse… L’image, ancrée dans les esprits, a un coût pour les commerçants, "l’un des moins chers de France" selon Nathalie Koenders, adjointe au maire de Dijon chargée du commerce et de l’artisanat. Pour un restaurant de l’hypercentre par exemple, le mètre carré de terrasse coûtera 51,28 euros par an au gérant, contre 34,4 euros du mètre carré dans les secteurs excentrés. En comparaison, les terrasses sur voies piétonnes du centre-ville lyonnais coûtent entre 55 et 123 euros par mètre carré aux restaurateurs… Quant à elles, les terrasses fermées induisent à Dijon un loyer annuel de 101,93 à 152,83 euros par mètre carré – c’est le cas par exemple des "terrasses-vérandas" de l’avenue Foch, à deux pas de la gare. Enfin, le quartier du marché fait exception : les cafés et restaurant du contour des Halles paient en effet 27,32 euros du mètre linéaire à l’année. "Une situation qui trouve sa source dans l’histoire : comme les commerçants du marché sont facturés au mètre linéaire, il en a toujours été de même pour les terrasses du contour des Halles", précise Nathalie Koenders. Et d’ajouter : "Nous allons augmenter les tarifs des terrasses avec l’afflux prochain de nombreuses demandes pour les places Darcy et République, une fois que les travaux du tramway seront terminés".

Et que rapportent-elles aux cafés, bars et restaurants dijonnais ? La réponse a plusieurs facettes. D’une part, depuis la loi anti-tabac de 2008, les terrasses sont devenues incontournables pour garantir un chiffre d’affaires convenable aux commerces touchés par une baisse de fréquentation, suite à l’interdiction de fumer dans les lieux publics. "Depuis la loi sur l’interdiction de la cigarette dans les lieux publics, les cafetiers font en moyenne 30% de leur chiffre d’affaires grâce à leur terrasse", constate par exemple Marcel Benezet, président de la branche café-bar-brasserie du Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs (Synhorcat) (Lire ici l’article du syndicat sur le sujet). Nathalie Koenders évoque elle des "chiffres d’affaires qui peuvent quadrupler" suite à l’ouverture d’une terrasse à Dijon…

"Attention toutefois : certains se disent qu’en achetant un établissement doté d’une terrasse, ils toucheront le jackpot ! En réalité, ce n’est pas parce que vous achetez un restaurant avec droit de terrasse que vous aurez le droit d’en installer une. Le droit de terrasse n’est pas lié au commerce mais au propriétaire", tempère Isabelle Grandin, secrétaire générale de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie en Côte-d’Or (Umih 21). Et de préciser : "Ce n’est pas parce que votre prédécesseur l’avait qu’il vous sera accordé. Si l’établissement a souvent des soucis avec la police, amenée à se déplacer suite à de nombreux appels des voisins par exemple, la mairie peut suspendre le droit de terrasse"…

Une économie en plein boom

Malgré ces épiphénomènes, l’essor des terrasses à Dijon ne connaît pas de temps mort. "De mille mètres carrés de surface en 2001, nous sommes passés à 4.000 mètres carrés aujourd’hui en 2011", constate Nathalie Koenders. Et ce dynamisme ne devrait pas s’essouffler de sitôt. "La piétonnisation récente de la rue des Godrans, à Dijon, a entraîné l’ouverture de nombreuses terrasses et plusieurs établissements n’ayant rien à voir avec la restauration sont même approchés régulièrement par des agences immobilières, qui leur demandent si leur fonds de commerce n’est pas à vendre !", témoigne-t-elle – ou quand les terrasses entraînent une nouvelle forme de spéculation… Un scénario que l’on pourrait également retrouver à Dijon en 2013 avec la piétonnisation de la rue de la Liberté (Lire ici notre article sur le sujet).

A noter également que les cafés, bars et restaurants dijonnais reçoivent même le soutien de la mairie, de l’Umih et de l’Office de tourisme par des actions saisonnières tel le festival Garçon la note (Voir le programme ici). "Pour 150 euros, les établissements bénéficiant d’une terrasse ont le droit à une opération "clefs en main" : après le choix du genre, les gérants n’ont plus qu’à accueillir un groupe de musique sélectionné par le régisseur de l’Office de tourisme, sans se soucier des questions techniques !", explique Isabelle Grandin. Des animations qui entraînent souvent une légère hausse de la consommation – et donc du chiffre d’affaires – les soirs de concert…

Et pour ceux qui n’ont pas de terrasse ? "Ils ne sont pas forcément défavorisés l’été", note-t-elle. Et de préciser : "Certains restaurants peuvent par exemple se mettre en valeur grâce à leurs salles climatisées"… Pour Nathalie Koenders, pas question non plus de parler d’inégalité entre les détenteurs d’un droit de terrasse et ceux qui ne l’ont pas. "Quand vous achetez votre fonds de commerce, vous voyez dès l’origine si l’installation d’une terrasse sera possible ou non ! Et c’est pour cette raison, d’ailleurs, que le prix du bien est moins élevé", rappelle-t-elle.

Les terrasses, une question d’économie… mais pas que !

Chiffres d’affaires boostés, développement exponentiel des lieux de consommation extérieurs… L’essor des terrasses n’est pourtant pas qu’une question d’économie. "Formidable atout pour le dynamisme de la ville, il ne doit pas occulter la question de la cohabitation avec les riverains", rappelle Nathalie Koenders. Un engagement déjà présent dans l’arrêté municipal du 24 octobre 2006 fixant la réglementation du droit de terrasse, spécifiant notamment "qu’aucune installation ne sera tolérée à moins d’un mètre des entrées d’immeubles voisins pour ne pas entraver leur accès" ou encore que "la sonorisation des terrasses de plein air est interdite", sauf en cas "d’animations particulières".

Un dispositif réglementaire récemment renforcé d’une charte de bonne conduite, Harmonuits, visant à garantir une bonne qualité de vie nocturne à Dijon… D’abord signée par les établissements de nuit en 2009, qui s’engageaient à lutter contre les nuisances nocturnes générées par la clientèle, elle a été renforcée en 2011 par la cooptation d’associations étudiantes volontaires, désireuses de "sensibiliser leurs membres aux comportements à risque, au respect du voisinage et à la lutte contre les discriminations" (Lire ici notre article sur le sujet). Une initiative finalement pas si détachée des conséquences économiques, au regard de la fermeture administrative du café l’Hôtel particulier, rue Musette, pendant un mois jusqu’au mercredi 06 juillet 2011 (Lire ici l’article du BienPublic.com sur le sujet), en raison d’un tapage nocturne peu apprécié par les riverains…