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james COBURN

James Coburn est un acteur américain, né à Laurel, dans le Nebraska, le 31 août 1928 et mort d’une crise cardiaque à Beverly Hills, en Californie, le 18 novembre 2002 (à 74 ans). Il se fait connaître dans le rôle de Britt le lanceur de couteaux dans Les Sept mercenaires. Il reste dans la mémoire des cinéphiles en tant qu’acteur fétiche de Sam Peckinpah avec ses rôles dans Major Dundee, Pat Garrett et Billy le Kid et Croix de fer.

Né le 31 août 1928 à Laurel, dans le Nebraska, il s’installe très jeune en Californie où son père est ruiné par la crise boursière de 1930 en voulant refaire fortune. Élève du Junior College de Compton puis du City College de Los Angeles, il trouve rapidement sa vocation. Le 11 novembre 1959, il se marie avec Beverly Kelly jusqu’en 1979. Ils eurent deux enfants.

Son interprétation dans la pièce Country girl lui vaut une récompense et lui permet d’obtenir un rôle dans Billy Budd monté à La Jolla Playhouse. James devient un acteur populaire de second plan pendant quelques années.

Sa sophistication virile, sa démarche féline, ses allures de dandy et la dureté ascétique de son visage (doté d’une dentition impressionnante) s’accordent autant au monde viril de John Sturges, Sam Peckinpah, Sergio Leone ou Walter Hill qu’à l’univers comique d’un Blake Edwards.

Il passe allègrement du film d’action à la comédie américaine. De La Grande Évasion de John Sturges à Charade de Stanley Donen. En 1965, il accède au rang de vedette avec son rôle d’espion de charme, un éphémère rival de James Bond, Flint.

Il tourne dans Les Sept Mercenaires en 1960 et participa à La Grande Évasion en 1963 avec son grand ami Steve McQueen.

Son rôle le plus populaire sera celui du révolutionnaire dynamiteur John Mallory dans le magnifique Il était une fois la révolution de Sergio Leone en 1971.

Il tourne dans le 1er film de Walter Hill : Le Bagarreur en 1975 avec Charles Bronson et incarne de nouveau une figure de cow-boy dandy particulièrement rude dans le superbe La Chevauchée sauvage de Richard Brooks la même année.

Avec son ami Bruce Lee, James Coburn avait écrit La flûte silencieuse, dont le titre est devenu Le Cercle de fer adapté à l’écran par Richard Moore dans lequel ni l’un ni l’autre n’apparaissaient.

En 1978, à la demande de Sam Peckinpah, alors malade et dépressif, il assure le rôle de réalisateur seconde équipe sur Le Convoi.

Mais en 1984, sa carrière marque un frein avec la disparition de son ami et de son réalisateur fétiche, Sam Peckinpah.

Il affronte Kirk Douglas dans un téléfilm : Le Duel des héros, la même année. Le film de télé raconte l’affrontement de deux vieux cow-boy dans un ouest de pacotille. Il continue à promener sa nonchalance légendaire et sa décontraction inimitable dans, selon l’expression d’un critique, des « œuvrettes de circonstance au casting alléchant mais dénuées d’intérêt ». Peut-être parce qu’il était trop imposant pour son époque, les réalisateurs ne lui trouvent plus de rôle important. Au creux de la vague, il doit faire face à de douloureuses crises d’arthrite qui l’affaiblissent considérablement. Il déclara s’être soigné lui-même avec des pilules à base de soufre. Il s’éloigne des plateaux pendant quelques années. Il en gardera une main infirme.

Alors qu’on le croyait perdu pour le cinéma, James met fin à une semi-retraite au début des années 1990 avec des rôles secondaires mais toujours marqués de sa présence rehaussant l’intérêt de westerns comme Maverick en 1994 avec Mel Gibson, Jodie Foster ou Young Guns 2 en 1991. Remake à peine voilé de Pat Garrett and Billy The Kid.

Il tient encore son propre rôle dans The Player en 1992. Il excelle ensuite dans le téléfilm de la chaîne câblée HBO distribué dans les salles françaises : The Second Civil War 1997, une fable sardonique de Joe Dante.

Par miracle, il n’est pas oublié par Hollywood et décroche pour Affliction en 1998 l’Oscar du meilleur second rôle. La statuette salue sa terrifiante composition d’un patriarche alcoolique, inspirée, dit-il, de Sam Peckinpah.

James Coburn, malgré la maladie, ne cessera de jouer et prêtera même sa voix à l’occasion du documentaire The Last Days en 2001 sur les derniers jours de Marilyn Monroe et pour le dessin d’animation Monstres et Cie en 2002.

Il tient un dernier rôle de dur à cuire en 2002 dans une production Disney : Chiens des neiges et a la chance de quitter l’écran avec un magnifique dernier rôle central, American Gun, qui exploite intelligemment le revers de sa personne d’homme d’action.

Il meurt peu de temps après d’un arrêt cardiaque le 18 novembre 2002 au Cedar Sinaï Hospital de Los Angeles, Californie.

Étrange tour du destin, Rod Steiger son double dans le film mythique Il était une fois la révolution de Sergio Leone, venait de disparaître très peu de temps avant.

Filmographie

Récompenses

 

Humphrey BOGART

Humphrey DeForest Bogart (né le 25 décembre 1899 à New York, mort le 14 janvier 1957 à Los Angeles) est un acteur américain.

Surnommé « Bogey » ou « Bogie » par son public, il demeure aujourd’hui l’un des mythes les plus incontestables de l’histoire du cinéma. En 1951, il fut lauréat de l’oscar du meilleur acteur pour son rôle dans L’Odyssée de l’African Queen. En 1999, il a été classé Greatest Male Star of All Time (littéralement Plus grande star masculine de tous les temps) par le American Film Institute. De plus, Casablanca, dans lequel il joue le rôle principal, est régulièrement cité parmi les cinq meilleurs films de l’histoire du cinéma[1].

Il est aussi particulièrement connu pour sa liaison avec Lauren Bacall, avec laquelle il tournera plusieurs films, dont Le Grand Sommeil (1946).

Humphrey DeForest Bogart naît le 25 décembre 1899 à New York. Son père, le Dr. Belmont DeForest Bogart, est un chirurgien expérimenté[2] de confession presbytérienne et de tendance républicaine. Sa mère, Maud Humphrey, est une dessinatrice pour magazines[2] de confession épiscopalienne et de tendance tory[3]. Humphrey Bogart a été élevé épiscopalien[4] ; il est principalement d’origine néerlandaise et britannique, mais a également du sang espagnol. Il a notamment pour ancêtre le roi Édouard III d’Angleterre et son épouse Philippa de Hainaut[5], ce qui fait de lui un descendant de nombreux monarques médiévaux[6]. Il a deux sœurs cadettes, Frances, née en 1901, et Catherine Elizabeth, née en 1903. Il est aussi cousin au septième degré de Diana Spencer.

Issus d’un milieu aisé, les Bogart vivent dans un appartement de l’Upper West Side, et possèdent un cottage au bord du lac Canandaigua, non loin du lac Ontario. Alors que Belmont Bogart se drogue à la morphine, son épouse Maud est alcoolique ; tous deux se battent continuellement. Ainsi, Humphrey Bogart est principalement élevé par une nourrice irlandaise.

Humphrey Bogart fréquente d’abord la Trinity School de New York, puis la Phillips Academy de Andover. Très tôt, son père l’encourage à devenir médecin. Belmont et Maud Humphrey souhaitent que leur fils entre à Université Yale, mais il est exclu de la Phillips Academy à cause de problèmes disciplinaires, et préfère rejoindre la Navy. Pendant la Première Guerre mondiale, il est blessé à la lèvre, ce qui lui laissera sa fameuse cicatrice.

Il commence à jouer sur une scène de Brooklyn en 1921, sans jamais avoir pris de leçon de comédie. Entre 1925 et 1935, il apparaît dans vingt-et-une productions de Broadway. Il est alors choisi pour jouer dans La Forêt pétrifiée au théâtre, rôle qu’il reprendra au cinéma et qui le rendra célèbre.

Humphrey Bogart se marie avec Helen Menken le 20 mai 1926 à New York[7], et en divorce le 18 novembre 1927[8]. Il épouse en secondes noces Mary Philips le 3 avril 1928 à Hartford[9], mais tous deux divorcent le 21 juin 1937[10]. Puis, il se marie avec Mayo Methot le 21 août 1938 à Los Angeles[11], et en divorce le 10 mai 1945[12]. Enfin, il épouse Lauren Bacall le 21 mai 1945 à Cleveland[12]. Ce fut son unique mariage heureux. Ils restèrent mariés jusqu’au décès de Bogart et eurent deux enfants[13] : Stephen Humphrey Bogart, né le 6 janvier 1949, est devenu écrivain – auteur notamment d’un livre sur son père – , et Leslie Howard Bogart, née le 23 août 1952, est devenue infirmière.

Humphrey Bogart tombe malade au milieu des années 1950. Atteint d’un cancer de l’œsophage, il refuse de consulter un médecin avant janvier 1956, mais il est déjà trop tard. Il décède le 14 janvier 1957 à Hollywood. Ses funérailles ont lieu à la All Saints Episcopal Church. Ses cendres sont enterrées au Forest Lawn Memorial Park, à Glendale. Sur la tombe est écrite une phrase célèbre de son premier film avec Lauren Bacall : « If you want anything, just whistle ». Son ami John Huston prononça son éloge funèbre en ces termes : « Il avait reçu le plus beau de tous les dons, le talent. Le monde entier l’a reconnu, la vie lui a donné tout ce dont il rêvait et même plus ; nous ne devons pas être désolés pour lui mais plutôt pour nous qui l’avons perdu. Il est irremplaçable. Il n’y aura jamais personne comme lui… »[14]. Il possède une étoile sur le Hollywood Walk of Fame, au 6322 Hollywood Boulevard. L’acteur britannique Michael Caine dit avoir choisi son pseudonyme après avoir vu la performance d’acteur de Bogart dans le film The Caine mutiny (en France : Ouragan sur le Caine).

Humphrey Bogart incarne certainement l’un des mythes les plus durables qu’ait engendrés le cinéma en ce sens qu’à sa mort en 1957, tout le monde eut le sentiment réel de perdre un ami intime, des plus irremplacables. « Bogie » comme l’appela toute une génération, était ce vétéran solide (13 ans de Broadway, 22 ans d’Hollywood) dont le physique fripé, hâve et caverneux, le sourire de carnassier, plaisait aux jeunes filles, et dont le franc-parler terrifiait toute l’industrie du film. « Après huit verres de whisky, je suis en pleine possession de mes facultés » avouait-il. « Ce que je pense des sports ? Il m’est arrivé de jouer au football chez John Huston, avec un pamplemousse. Il était deux heures du matin et nous étions fins saouls ». En outre, ses positions morales, courageuses et insolentes, faisaient de lui la conscience d’Hollywood, notamment en 1947 par son soutien controversé aux Dix d’Hollywood.

Il incarna avec Lauren Bacall le couple le plus exemplaire et le plus magnifique que le cinéma ait créé sans pouvoir le détruire par la suite.

L’image de Bogart reste mythique. Elle est liée à son allure, étroitement sanglé dans son imperméable, ses orbites sombres creusant, sous le feutre mou du détective privé, son visage plus ou moins plissé, son rictus de dérision perpétuelle et son geste machinal pour se tirer le lobe de l’oreille, cette image désormais règne au-delà de l’existence de son propre créateur. Son jeu était toujours naturel[2]. Sa brusquerie, son insolence bougonnante cachaient un cœur et une vraie philosophie. Depuis sa mort, son image ne cesse de grandir.

Récompenses

 

Katharine HEPBURN

Katharine Houghton Hepburn (née le 12 mai 1907 à Hartford (Connecticut) — morte le 29 juin 2003 à Old Saybrook (Connecticut), est une comédienne américaine, elle est récompensée par l’Oscar de la meilleure actrice à quatre reprises. Mais « Miss Kate », comme elle fut surnommée, ne prend pas la peine de venir en chercher aucun.

Dotée d’un fort tempérament, elle refuse les conventions, Hepburn compte parmi les grandes légendes hollywoodiennes. Éclectique et prolifique, elle excelle dans le registre de jeunes femmes loufoques ou de vieilles filles aigries (notamment dans les comédies de George Cukor et Howard Hawks) avant d’endosser le costume de souveraines d’Écosse et d’Angleterre (pour John Ford et Anthony Harvey).

Elle est classée par l’American Film Institute comme la plus grande actrice de légende du cinéma en 1999.

Issue d’une famille cultivée (son père était chirurgien et sa mère militante féministe) du New Jersey, « Kate » est « belle mais bêcheuse ». Seconde de six enfants, elle est d’une nature indépendante et affirme un caractère bien déterminé. Très tôt, après des études à l’Oxford School et au Bryn Mawr College, elle s’intéresse aux cours d’art dramatique.

 

Elle n’a pas de lien de parenté avec Audrey Hepburn,

À l’âge de 19 ans, elle abandonne ses études et se rend à Baltimore dans une compagnie théâtrale, où elle commence par de petits rôles dans La Tsarine et The Cradle Snatchers puis part à New York pour monter The Big Pond mais sans grand succès.

À vingt ans, elle pose nue pour un peintre. Le poète Phelps Putman dit d’elle : « Elle était l’anarchie vivante du cœur. Elle était aussi impolie que la vie et la mort. »

« Garce » — selon ses propres termes —, elle épouse par commodité un richissime homme d’affaires pour se plonger sans souci dans sa seule passion, le théâtre ; elle est pourtant mauvaise et le sait. Après sa première représentation de The Lake à Broadway, la romancière et critique Dorothy Parker écrit : « Allez donc voir Miss Hepburn décliner toute la gamme des émotions de A à B ». Suite à cet échec elle ne retrouve plus de rôle. Mais Kate décide de s’acharner.

En 1930, elle assiste à la conférence de Lee Strasberg au cours de laquelle ce dernier énonce le dogme de l’Actors Studio : « Nous jouerons toutes sortes de pièces. Nous serons tous égaux. Vedette une semaine. Simple figurant la suivante ». Kate qui possède un égo énorme et cachetonne depuis presque dix ans ne peut accepter et claque la porte du théâtre.

Elle obtient enfin ses premiers succès à Broadway dans Art and Mrs Bottle en 1931 et surtout dans The Warrior’s husband (1932) dans le rôle d’Antiope, reine des Amazones où elle impressionne favorablement les critiques.

Elle décide de tenter sa chance à Hollywood. À l’époque, les nababs des studios cherchent justement une Américaine capable de concurrencer la Suédoise Greta Garbo, avec une morphologie androgyne, un visage diaphane et une personnalité raffinée. Lorsque Kate se présente, sa sveltesse et son indépendance impressionnent le puissant David Selznick (un des directeurs de la RKO à ce moment) qui lui propose son premier film, Héritage aux côtés de John Barrymore, réalisé par George Cukor, qui deviendra son réalisateur préféré. Ils tourneront sept films ensemble et plusieurs téléfilms.

Forte de ses derniers succès au théâtre, l’actrice parvient à négocier un avantageux contrat. Arrivée en 1932 à Hollywood, l’actrice détonne dans cet univers très glamour par son physique, sa façon d’être et de s’habiller (pantalon et chemise désassortis). Son tempérament est à l’opposé des stéréotypes féminins de l’époque, incarnés par Greta Garbo, la femme mythifiée, Marlene Dietrich la femme fatale inaccessible, à l’érotisme trouble, ou Mae West et Jean Harlow, stars à la sexualité agressive. Elle va incarner les nouvelles héroïnes de l’écran : indépendantes et actives, affirmant leur personnalité propre, non pas dans la sécurité du mariage, mais dans la volonté d’agir de façon égale, sinon supérieure, à celle d’un homme.

Elle campe une ambitieuse aviatrice prête à tout dans Le Phalène, son second film ; une jeune fille indépendante qui renonce à l’amour pour devenir écrivain dans Les Quatre filles du docteur March ; un garçon manqué travesti en homme dans Sylvia Scarlett ; la reine Marie Stuart pour John Ford ; une militante féministe qui assume sans honte sa condition de fille-mère dans La Rebelle

Très vite, tous les producteurs, réalisateurs et vedettes, vont tomber sous son charme et seront les victimes de son caractère. Dès ses premiers films, elle donne son avis sur tout et fait preuve d’un sens artistique inné.

Vedette attitrée de la RKO, elle obtient dès son troisième film l’Oscar de la meilleure actrice dans Morning Glory. Un an plus tard, en 1934, l’actrice divorcera de Ludlow Oggen Smith.

George Cukor, tout de suite fasciné par l’actrice, renouvelle leur collaboration pour Les Quatre filles du docteur March. Dès leur première rencontre naît une amitié qui durera tout au long de leur vie. Elle reçoit la toute première Coupe Volpi pour la meilleure interprétation féminine du Festival de Venise pour ce film. En 1936, elle retrouve pour la troisième fois le réalisateur George Cukor pour un film Sylvia Scarlett, où elle interprète le rôle d’un garçon manqué se transformant en jeune femme épanouie grâce à l’amour. Lourd échec critique et commercial, ce film inclassable est pourtant l’un des plus beaux films du Cukor des années trente.

Mais bien que le public commence à l’aduler, beaucoup de ses films sont des fiascos et on la surnomme « poison du box-office ». Peu à peu les portes des studios se ferment.

Elle renoue pourtant avec le succès pour son dernier film à la RKO dans l’extraordinaire comédie L’Impossible Monsieur Bébé d’Howard Hawks. Cette comédie loufoque, chef-d’œuvre de la screwball comedy, restera un modèle du genre, notamment grâce au duo hors pair formé par Katharine Hepburn et Cary Grant. Après avoir racheté son contrat à la RKO, deux mille dollars, elle retrouve Cukor, son réalisateur fétiche, et Cary Grant, son partenaire de prédilection, pour une brillante comédie de la Columbia, Vacances. Ce fut un nouveau succès au box-office.

Sollicitée pour le rôle tant envié de Scarlett O’Hara et pourtant bien décidée à l’obtenir, elle refuse de tourner un bout d’essai et le rôle lui échappe.

Entre-temps, Katharine se laisse séduire par le très fantasque milliardaire Howard Hughes ; amants et associés, ils vont acheter les droits de la pièce Philadelphia story et l’infatigable Kate triomphe deux années durant sur les planches. Les studios s’intéressent de nouveau à elle, mais elle fait monter les enchères et négocie durement avec Samuel Goldwyn, les frères Warner et même Louis B. Mayer. Pour son retour, elle exige George Cukor comme réalisateur, James Stewart et Cary Grant comme partenaires (cf. Indiscrétions).

Louis B. Mayer, patron de la MGM, cède aux demandes de la star. En effet, la MGM a un grand besoin de renouveler ses stars féminines, en ce début de décennie. Greta Garbo et Norma Shearer sont sur le point de se retirer des écrans, Myrna Loy interrompt sa carrière pour travailler à la Croix-Rouge, Joan Crawford est sur la sellette et va quitter la MGM en 1943 pour la Warner. La firme du lion a absolument besoin d’une forte personnalité et Katharine Hepburn arrive à point nommé. Le film Indiscrétions est un énorme succès, elle obtient le prix de la critique new-yorkaise et une nomination aux Oscars, James Stewart recevra la précieuse statuette.

En 1940, elle fait son entrée parmi les stars de la firme Metro-Goldwyn-Mayer avec un contrat de longue durée assorti de privilèges dont celui de pouvoir choisir ses partenaires.

Après le succès d’Indiscrétions et une pause de quelques mois, elle reçoit un scénario de Ring Lardner Jr., Michael Kanin et Garson Kanin, La Femme de l’année. C’est la rencontre avec Spencer Tracy, celui qui allait devenir l’homme de sa vie. Ils formeront un des couples les plus célèbres de l’histoire du cinéma et tourneront neuf films ensemble. Les films MGM suivants seront plus conventionnels malgré de grands réalisateurs comme Vincente Minnelli, Elia Kazan, Clarence Brown, Frank Capra. À noter les deux brillantes comédies signées George Cukor, Madame porte la culotte et Mademoiselle gagne tout, sur un scénario de Ruth Gordon et Garson Kanin (nommés les 2 fois aux Oscars) révélant encore une fois la merveilleuse complicité du couple Tracy-Hepburn.

C’est aussi l’époque du Maccarthisme et Katharine ne cachera pas ses opinions à propos de ce comité qui enquête sur les activités anti-américaines des artistes d’Hollywood, elle déclara : « Depuis le commencement des temps, l’artiste a toujours exprimé les aspirations et les rêves du peuple. En imposant silence à un artiste, vous bâillonnez la voix la plus puissante qui soit. »[1]

Son contrat avec la MGM se termine en 1952 et Katharine retrouve son indépendance.

Après un retour à Broadway triomphal et une tournée pour une pièce de Shakespeare, Comme il vous plaira, John Huston lui propose de tourner un film avec Humphrey Bogart dans L’Odyssée de l’African Queen. Tourné en décors naturels à Biondo en République démocratique du Congo (alors Congo belge), le film fut éprouvant à cause des pénibles conditions climatiques, ce qui n’empêcha pas les deux acteurs de composer un duo haut en couleur qui fit la joie des spectateurs. Le film reçut quatre nominations aux Oscars pour John Huston, Katharine Hepburn, James Agee (scénario) et Humphrey Bogart qui obtint la précieuse statuette.

Elle retourne au théâtre dans une pièce de George Bernard Shaw, La Milliardaire puis au cinéma joue les vieilles filles dans Vacances à Venise (pour lequel elle aura sa sixième nomination aux Oscars) et Le Faiseur de pluie, retrouve Spencer Tracy pour une nouvelle comédie Une femme de tête et surtout interprète Mme Venable vieille milliardaire excentrique dans Soudain l’été dernier d’après un roman de Tennessee Williams. Le côté sulfureux du scénario et l’attitude du réalisateur, Joseph L. Mankiewicz, envers Montgomery Clift causa une atmosphère lourde durant le film. Malgré cela le film fut un triomphe, Elizabeth Taylor et Katharine Hepburn furent toutes deux nommées aux Oscars.

Après les années cinquante, ses apparitions pour le grand écran se font plus rares mais sont toujours saluées aussi bien par la critique, le public que par les professionnels comme le prouvent les louanges qu’elle reçoit pour le film de Sydney Lumet en 1962 : Long voyage vers la nuit, écrit par Eugene O’Neill, qui lui vaut le Prix d’interprétation à Cannes. Elle continuera de plus, toujours avec bonheur, les incursions au théâtre notamment dans des pièces de Shakespeare et même dans la comédie musicale avec Coco, sur la vie de la couturière Coco Chanel. Elle recevra encore trois Oscars, à savoir deux consécutifs en 1968 et en 1969 et un en 1982. Ils ont distingué ses interprétations dans la comédie de mœurs Devine qui vient dîner ? de Stanley Kramer (son dernier film avec Spencer Tracy), Le Lion en hiver d’Anthony Harvey où elle joue Aliénor d’Aquitaine (elle obtint le prix ex æquo avec Barbra Streisand dans Funny Girl), puis enfin La Maison du lac de Mark Rydell, l’un de ses derniers rôles au cinéma, où elle et Henry Fonda campent un couple d’octogénaires qui voit débarquer dans sa maison de campagne leur fille, jouée par Jane Fonda, venue avec un nouveau compagnon et son fils. Bien que les quatre Oscars de sa carrière, glanés sur une cinquantaine d’années et sur douze nominations, aient fait d’elle la comédienne la plus récompensée à Hollywood, elle ne s’est jamais déplacée pour les accepter au cours des différentes cérémonies. Sa seule et unique apparition aux Oscars date de 1974 : elle y a remis le Prix Irving G. Thalberg au producteur Lawrence Weingarten[2].

Elle tourne encore quelques films notamment dans un truculent duo avec John Wayne Une bible et un fusil et deux téléfilms avec son pygmalion George Cukor.

De comédies romantiques à des rôles de vieilles filles privées d’amour, elle a régné quatre décennies sur Hollywood avant de se retirer à New York. Katharine Hepburn est décédée le 29 juin 2003 à l’âge de 96 ans pendant son sommeil. Elle a imposé au cinéma son inimitable style fait de désinvolture, de malice, d’indépendance, d’avant-garde, de provocation, d’impertinence et de trait d’esprit.

Au début des années 1940, Kate rencontre le grand amour de sa vie, Spencer Tracy. Elle dit dès leur première rencontre « oh, monsieur Tracy, mais je suis vraiment trop grande pour vous ! » Tracy répliqua « ce n’est pas grave, ma chère, j’aurai vite fait de vous rendre votre vraie dimension. »[3] Elle a dit également de lui qu’il était « bon comme une pomme de terre au four ». Une profonde intimité les unira tout de suite, faits l’un pour l’autre, ils vivront, clandestinement, vingt ans de passion adultère (Tracy étant catholique, il ne divorcera pas de sa femme) et elle tournera avec lui neuf films dont La Femme de l’année, Madame porte la culotte et Devine qui vient dîner ?. Tracy meurt en 1967.

Théâtrographie

  • Night Hostess(1928)
  • These Days(1928)
  • Art and Mrs. Bottle(1930)
  • The Warrior’s Husband(1932)
  • The Lake (play)|The Lake(1934)
  • Jane Eyre(1936-1937)
  • The Philadelphia Story(1938)
  • Without Love(1942)
  • As You Like It(1950)
  • The Millionairess(1952)
  • The Merchant of Venice, Measure for Measure et The Taming of the Shrew(1955)
  • The Merchant of Venice et Much Ado About Nothing(1957)
  • Antony and Cleopatra et Twelfth Night(1960)
  • Coco(1969)
  • A Matter of Gravity(1976)
  • The West Side Waltz (1981)

Récompenses et nominations

Lorsqu’elle a remporté la récompense, celle-ci est en gras.

Oscars

Golden Globe

BAFTA

Festival de Cannes

Festival de Venise

Autre

 

 

 

Jean SIMMONS

Jean Simmons est une actrice anglaise, née le 31 janvier 1929 à Crouch Hill (Royaume-Uni) et morte le 22 janvier 2010 à Santa Monica (Californie).

Elle est apparue notamment dans Un si doux visage (1952), La Tunique (1953), Blanches colombes et vilains messieurs (1955), Elmer Gantry, le charlatan et Spartacus (1960). Elle a été mariée à l’acteur Stewart Granger et au réalisateur Richard Brooks.

Star adolescente, la ravissante Jean Simmons se fait remarquer dès La Route des étoiles d’Anthony Asquith, fait la preuve d’un tempérament sensationnel dans Les Grandes Espérances de David Lean, d’après Charles Dickens, et irradie de sensualité exotique dans Le Narcisse noir. Sous contrat avec le studio Rank, qui enseigne aussi bien le talent que le charme, tandis qu’elle continue d’habiter une modeste banlieue londonienne avec ses parents, son prétendant vient la chercher dans une voiture plaquée d’or… Choisie par Laurence Olivier pour jouer son Ophélie, elle remporte un prix d’interprétation à Venise.

Jean Simmons devient l’actrice préférée des Britanniques, friands de beautés de plus en plus érotiques, quitte à les importer : face aux blondes Brigitte Bardot et Diana Dors, Jean incarne cependant une forme de réserve, même si elle précède Brooke Shields dans Le Lagon bleu. La jeune star retrouve le beau Stewart Granger (ils s’étaient déjà croisés sur le tournage de César et Cléopâtre avec Vivien Leigh en vedette) et ils forment le plus beau couple de l’époque dans Adam et Evelyne. Mais Granger est marié et ils doivent se montrer discrets un temps. La jeune première a par ailleurs pour partenaires Dirk Bogarde dans un suspense de Terence Fisher et Trevor Howard dans une adaptation de et par Somerset Maugham.

Ses producteurs et le public s’y attendaient sûrement mais la séparation a dû être difficile : Simmons part pour Hollywood, où l’attend un contrat avec la Fox, tandis que Granger, qui a quitté sa femme, est pris sous contrat par la MGM. Jean s’impose simultanément dans de luxueuses productions historiques (Androclès et le lion d’après George Bernard Shaw, La Tunique, premier film en Cinemascope, avec son compatriote Richard Burton, L’Égyptien de Curtiz d’après le roman de Mika Waltari, La Reine Vierge avec Granger, Deborah Kerr et Charles Laughton (tous des compatriotes !), Désirée avec Brando en Napoléon, jusqu’à Spartacus de Kubrick, où elle est la seule star féminine parmi Kirk Douglas, Laurence Olivier, Tony Curtis et Peter Ustinov – comptez une moitié d’Anglais…) et dans des drames modernes signés par les prestigieux Otto Preminger, George Cukor et son deuxième mari Richard Brooks (le méconnu The Happy Ending avec John Forsythe récemment disparu aussi). Pendant sa carrière hollywoodienne, l’actrice s’essaie également, avec un bonheur variable, au western (Les Grands Espaces de Wyler) au film musical (Blanches Colombes et Vilains Messieurs de Mankiewicz avec Brando et Sinatra), à la comédie (Ailleurs l’herbe est plus verte de Stanley Donen avec Cary Grant), au thriller victorienDes pas dans le brouillard avec Stewart Granger

Souvent comparée à Elizabeth Taylor, autant pour sa grâce naturelle que pour sa beauté brune et ravageuse, Jean Simmons aurait préféré ressembler à Joan Greenwood. Grande séductrice de l’écran, Jean Simmons a eu également pour partenaires Mitchum, Lancaster, Newman, Peck, Dean Martin et Rock Hudson. Des rumeurs persistantes lui attribuent des aventures avec Burton et Brando – le premier s’en est vanté cruellement aux dépens de Granger, et le second réserve à sa partenaire son meilleur souvenir dans ses mémoires… Après tout, Granger avait aussi trompé sa première femme et avait fini par la quitter pour Jean. Et alors que le plus populaire bretteur du cinéma (Scaramouche, Le Prisonnier de Zenda, Les Contrebandiers de Moonfleet avec Greenwood justement) résistait aux avances de Grace Kelly ou Ava Gardner, sa jeune épouse, elle, faisait face au plus courant des chantages, exercé par Darryl Zanuck, le pape de la Fox. Finalement, le poing de l’acteur britannique le plus populaire depuis Laurence Olivier s’écrasa sur le visage du producteur et sa carrière sombra dans les navets.

Il faut dire que Zanuck avait beau jeu : dans les années 40 et 50, la Fox disposait d’une écurie d’actrices et de beautés incomparable : les anciennes (les brunes Gene Tierney et Linda Darnell, la blonde Betty Grable, la rousse Maureen O’Hara) purent y côtoyer les nouvelles : Marilyn Monroe sur le fil et sous payée, Jayne Mansfield sa remplaçante désignée, Susan Hayward aussi rousse et inébranlable que Maureen O’Hara, et la petite dernière, une jeune et ravissante Anglaise, brune aux yeux verts elle aussi, ayant pour modèles Taylor et Simmons et qui s’ennuyait ferme dans la ville des anges : Joan Collins, ex étudiante de la Rank.

Tout ce joyeux monde (en apparence) courait les cocktails entre deux films. L’alcool et les drogues faisaient souvent partie de leur quotidien. Jean Simmons reconnut plus tard un sérieux problème d’alcool contracté alors (et sa prestation dans The Happy Ending prend plus de sens encore).

Nommée à l’Oscar du meilleur second rôle féminin pour Hamlet, Simmons sera scandaleusement ignorée (comme tant d’autres d’ailleurs) par l’Académie qui ne la renomme qu’une seconde fois, tardivement, pour The Happy Ending. Elle n’obtiendra au final qu’un Golden Globe pour sa "carrière très variée" (cf. Le Blog d’Ecran Noir).

Après les triomphes de Elmer Gantry et Spartacus, sa carrière cinématographique marque le pas inexplicablement (encore que cela s’explique par la volonté constante de renouvellement des cheptels manifestée par les producteurs, et pour les années 60 et 70 par une profonde mutation du paysage hollywoodien : triomphe de la télévision, "Nouvelle Vague" européenne, affranchissement des stars "atypiques" telles que Brando et Taylor – dont les carrières vont d’ailleurs vite décliner, quitte à reprendre ensuite)…

Pas de retour spectaculaire pour Jean Simmons ! Ses derniers films – par exemple Divorce American Style en 1967 et Mr. Sycomore en 1975, les deux avec Jason Robards – passent inaperçus. Pire : le film d’horreur Dominique, réalisé par Michael Anderson en 1978, est qualifié de "sinistre" par la critique. Après cet échec, la vedette d’Un si doux visage ne revient plus au cinéma qu’à de rares occasions : Le Patchwork de la vie, auquel participent Winona Ryder et Anne Bancroft, en 1995, et Shadows in the Sun, sorti en 2009.

Comme beaucoup d’acteurs de cinéma de sa génération, avec plus de constance que la plupart pourtant, Jean se tourne vers la télévision. Heidi de Delbert Mann, avec Maximilian Schell et Michael Redgrave, remporte un triomphe. Elle y interprète la gouvernante. Dans The Dain Curse d’après Dashiell Hammett, elle vampe James Coburn. Au fil des téléfilms, Jean a pour partenaires Glenn Ford, Edward Asner, son cher Robards… Elle joue les guests dans les séries Hawaï Police d’Etat, Perry Mason, Arabesque, les dernières avec les vétérans Raymond Burr et Angela Lansbury, Star Trek : La Nouvelle Génération, Dans la chaleur de la nuit… Dans Hôtel, elle retrouve une vedette de la Fox, Anne Baxter, en patronne de palace. Avec Gene Kelly, Mitchum et Taylor, Simmons devient un des personnages de la saga Nord et Sud, et elle interprète la mère autoritaire de Rachel Ward dans le célèbre Les Oiseaux se cachent pour mourir (1983). L’année suivante, elle collabore avec Stephen Frears sur le téléfilm December Flower. Le public aura également la possibilité de la voir dans la télésuite d’horreur (genre qui ne lui réussit guère) Dark Shadows, créée et réalisée par Dan Curtis, dont elle partage l’affiche avec Roy Thinnes. L’ancienne Estella de Lean interprète même Miss Havisham dans une nouvelle version de Les Grandes Espérances où figure Anthony Hopkins.

Décidément très active, Jean Simmons avait ces dernières années prêté sa voix à plusieurs longs métrages d’animation : Final Fantasy : Les Créatures de l’esprit en 2001, Le Château ambulant de Miyazaki et Le Ruban de Moebius.

Cinéma

Télévision

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Jean HARLOW

Jean Harlow (parfois orthographié Harlowe), de son vrai nom Harlean Harlow Carpenter[1], née le 3 mars 1911 à Kansas City, Missouri, et morte le 7 juin 1937 à Los Angeles, Californie, est une célèbre actrice américaine des années 1930. Surnommée par la presse « Baby », ou « The Platinum Blonde », en référence au film homonyme sorti en 1931, elle est morte en pleine gloire d’un empoisonnement urémique causé par une néphrite aiguë.

Elle fut découverte par Howard Hughes qui lui donna le premier rôle féminin dans le film Les Anges de l’enfer en 1930.

Enfant unique, elle avait une mère et un beau-père envahissants qui s’attachèrent à ses pas et dépensèrent systématiquement ses cachets de star au point que Jean Harlow, presque ruinée, dut vendre sa grande demeure pour payer ses créanciers.

Jean Harlow, de son vrai nom Harlean Carpenter, naît le 3 mars 1911 à Kansas City, dans le Missouri. Son père, Montclair Carpenter, est un grand dentiste. Sa mère s’appelle Jean, et on la nommera « Mama Jean ». À huit ans, l’enfant est inscrite à l’école de jeunes filles de Miss Barsto[2]. Elle y restera jusqu’au divorce de ses parents, à l’âge de neuf ans et reverra très peu son père (à la suite de cet abandon, elle recherchera toujours un père, par l’intermédiaire de ses maris et amants)[3].

Sa mère partie chercher du travail à Chicago, Harlean demeure auprès de ses grands-parents, qui prennent son éducation en main. La jeune fille, qui a désormais un beau-père, Marino Bello[4], un charmeur sicilien volage, continue son apprentissage à Kansas City, sous la férule de son grand-père. En 1926, sa mère est de retour et s’installe avec son nouveau mari. C’est maintenant Marino qui s’occupe de l’éducation d’Harlean, lui apprenant notamment à danser le tango et la valse. Mais elle quitte cette drôle de famille recomposée en septembre 1926 pour devenir pensionnaire à Lake Forest, dans l’Illinois. D’après Jean Harlow, le livre d’Irving Shulman, Harlean écrit à sa famille disant ne pas y être heureuse, voulant rentrer à la maison et se plaignant que son père ne lui a écrit qu’une seule fois sur une feuille arrachée à son carnet de rendez-vous.

Sa famille l’« étouffe », sa mère est en effet extrêmement religieuse, a une telle emprise sur elle qu’elle décide de se marier, à seize ans seulement, pour se libérer, avec Charles F. Mac Grew, « un jeune fils de banquier âgé de 21 ans, qu’elle rencontra dans un bal » sans prévenir sa famille (personne même)[2]. Seulement, la mère de Harlean sépare les deux amoureux et elle revient à la maison.

Ayant interrompu ses études, rêvassant sans cesse en se promenant en ville, elle fréquente des restaurants et des cinémas. Elle n’a jamais pris de cours de comédie, mais elle sent qu’elle possède un certain sex-appeal lorsqu’elle marche notamment dans la rue, toutes les têtes se retournent. Elle songe à faire de la figuration. Harlean change son nom en Jean et utilise le nom de famille de sa mère, Harlow. Elle passe quelques auditions, et son physique hors du commun lui permet de trouver très rapidement des rôles. Elle joue pour des comédies de Christiy, de Hal Roach, puis dans Monan of the Marines, avec Richard Dix. Elle décroche aussi un petit rôle dans The Saturday Night Kid.

Elle fait quelques apparitions dans plusieurs films des Laurel et Hardy[5], dont Son Altesse royale, où elle sort d’un taxi et Laurel coince sa robe dans la portière en la fermant (elle s’en va vêtue juste d’une chemise noire). Ce sont Laurel et Hardy qui font découvrir Jean à un certain Arthur Landau cherchant une actrice pour Howard Hughes (qui en a besoin d’urgence pour son film à venir, car la voix de l’actrice principale ne convient pas). Landau discute avec le duo sur les voix des acteurs, et Laurel lui explique qu’il préfère les voix rauques comme « celle de la petite, là bas par exemple. » Landau regarde dans la direction que Laurel lui indique et aperçoit Jean. Landau est fasciné par cette jeune fille de 19 ans et lui fait passer un bout d’essai[6].

Elle est alors remarquée, avec ses cheveux blond platine, par Howard Hughes, qui cherche une actrice pour remplacer Greta Nissen, une actrice de muet à l’accent suédois trop prononcé, pour le film Les Anges de l’enfer. En effet, le cinéma parlant prend la place du cinéma muet, ainsi, beaucoup d’actrices et d’acteurs tombent dans l’oubli du jour au lendemain à cause de leur voix qui ne plaisent pas aux réalisateurs ou qui ne conviennent pas pour les rôles. Du coup beaucoup d’actrices inexpérimentées, comme Jean tentent leur chance. Les critiques sur son jeu ne sont pas bonnes dans ce film d’aviation qui se déroule pendant la première guerre mondiale, mais on ne tarit pas d’éloges sur sa plastique. Un chroniqueur du magazine Variety écrit :

« Le degré de talent manifesté par Jean Harlow n’a guère d’importance, les garçons ne manqueront pas de mener grand tapage à propos de cette fille qui est la créature la plus sensuelle apparue à l’écran depuis un certain temps. Elle jouera toujours le même rôle, mais il n’est personne qui, possédant ce qu’elle possède, soit jamais mort de faim ! »

Le film est un triomphe et Jean Harlow devient une star. Elle possède un contrat avec la maison de production Caddo, celle d’Howard Hughes et reçoit 250 dollars par semaine de tournage[7]. La première a lieu en juin 1930, au Grauman’s Chinese Theatre. Jean, souriante est cramponnée aux bras de Hughes. Elle répond aux questions des journalistes avec humour[8].

Q : « Certaines critiques disent que vous n’êtes pas une véritable actrice. »
JH : « Quand on plaît au public, on n’a pas besoin d’être une actrice. »
Q : « Selon vous, pourquoi le public vous aime-t-il ? »
JH : « Les hommes m’aiment parce que je ne porte pas de soutien-gorge. Les femmes m’aiment parce que je n’ai pas l’air d’une fille qui leur volera leurs maris. Enfin, pas pour longtemps. »
Q : « En voleriez-vous un ? »
JH : « Ne croyez-vous pas que ce serait voler quelque chose dans un magasin d’occasion ? »
Q : « Miss Harlow, portez-vous un soutien-gorge aujourd’hui ? »
JH : « Voila une question de myope ! »

Elle obtient son premier rôle à la MGM dans Tribunal secret, avec Wallace Beery et Clark Gable. Elle tourne ensuite L’Ennemi public, puis enchaîne avec L’Homme de fer (Iron Man, 1931) auprès de Lew Ayres. Les critiques sont une fois de plus mauvaises. Variety écrit : « On ne peut pas qualifier Jean Harlow de bonne comédienne. Elle se montre tristement suffisante, mais contribuera probablement au succès du film auprès du public masculin, grâce à la profondeur de ses décolletés et à la minceur de ses parures. » Le journal renchérit lors de la sortie de Tribunal secret : « Miss Harlow devrait faire quelque chose en ce qui concerne sa voix[7]… »

Cependant, Jean Harlow est très aimée du public, les hommes sont amoureux d’elle quand ils la voient à l’écran et les femmes copient son look, la Fox l’engage pour jouer dans Goldie, la Columbia pour Three Wise Girls et La Blonde Platine. Elle devient une des actrices les mieux payées ; entre 1 500 et 1 750 dollars par semaine puis elle atteindra les 7 000 dollars par semaine, une fortune à l’époque[7].

Mais le désastre de sa vie privée contraste avec le triomphe de sa carrière. Elle cherche à s’éloigner de sa famille qui la harcèle. En réalité, Jean n’a jamais vu voulu être célèbre, c’est sa mère qui souhaitait entrer dans le show business et obtiendra cela par l’intermédiaire de sa fille. De plus, les médecins annoncent à Jean qu’elle est stérile[9].

Mais surtout, Jean va devoir faire face à un événement terrible. En 1931, elle fait la rencontre de Paul Bern (de vingt ans son aîné), le numéro trois de la MGM. Il avait la réputation d’être un gentleman.

En juin 1932, elle l’épouse. Lors du soir de leur nuit de noces, Jean, couverte de bleus, de morsures, en pleurs, hystérique, se réfugie chez son impresario, Arthur Landau et sa femme Beatrice[10]. Quelques jours plus tard, un matin, on découvre Bern mort, qui s’est suicidé d’une balle dans la tête, avec une courte lettre d’adieu dédiée à Jean : « Dearest Dear, unfortunately this is the only way to make good the frightful wrong I have done you and to wipe out my abject humiliation. I love you. Paul You understand that last night was only a comedy[11]. »

On comprit longtemps après la signification de ses mots. En réalité, Paul Bern était affublé d’un sexe d’enfant et impuissant et pensait que seule Jean Harlow, la nouvelle icône du sexe, pouvait faire de lui un homme. Mais Jean n’avait connu qu’un seul homme avant lui et, innocemment, elle se mit à rire. Cette réaction enfantine mit Bern dans une rage folle, ayant honte et se mit à frapper Jean Harlow, dans les reins notamment, et ce geste sera responsable de la maladie qui va l’emporter dans quelques années[12]

Dans le livre de Shulman, Jean Harlow, on découvre que les Landau avaient tout fait pour sauver le couple, Arthur discutant avec Paul pour découvrir son terrible secret, que seuls Jean, Arthur et sa femme connaissaient désormais. Bern confesse à Landau qu’il était vraiment désolé de ce qu’il avait fait à Jean qui souhaite le divorce. Arthur la pousse à reparler à Bern. Le 4 septembre, le couple rentre à leur maison. Ils se disputent, mais au moment du coucher, Jean et Paul se réconcilient, se montrant tout deux amicaux. Après que Jean tapota un oreiller pour Paul, celui-ci mit un faux phallus énorme autour de sa taille et commença à faire le pitre, « dansant, faisant la roue » et Jean se mit à rire. Ils s’endorment finalement, « enlacés ». Le couple semble avoir décidé de surmonter ce problème. Mais quelques heures plus tard, à l’aube, Paul se suicide, nu dans la salle de bain. On peut penser que le mot « comédie » renvoie à la petite danse de Bern, avec le phallus artificiel…

Ce suicide défraya la chronique et Louis B. Mayer, fit porter la responsabilité de cette tragédie à Jean. D’ailleurs, en 1935, quand elle jouera dans Imprudente Jeunesse, Mayer fera réécrire le scénario de cette comédie musicale pour l’humilier : Jean interprète en effet une actrice dont le mari venait de se suicider. C’était une façon de faire croire que si Paul Bern s’était suicidé, c’était en réalité moralement un meurtre[13]. Cependant, Mayer pouvait aussi se montrer doux, dans Jean Harlow de Irving Shulman on peut lire à la page 143 : « Ayant l’âge d’être le père de Jean, il s’efforcerait de la consoler et prendrait les dispositions voulues pour les funérailles de son mari. » (lorsque Mayer apprit la tragédie). De plus, lorsqu’elle sortit avec Bugsy Siegel, une des figures de la mafia new-yorkaise, Mayer estima qu’elle était véritablement une prostituée, « LA » bête noire des lignes de vertu.

La police quant à elle, posa quelques questions à Jean. Une des déclarations qui lui étaient été ainsi attribuées fut si maladroite que l’actrice fut soumise à un interrogatoire qui dura des heures, les enquêteurs se refusant à croire que quelqu’un pût faire montre d’une telle candeur dans la vie réelle. Selon l’auteur de l’article, elle aurait dit : « Paul parlait souvent du suicide de maniére générale, mais il ne m’a jamais laissé entendre qu’il envisageait lui-même un acte pareil. Je ne vois rien dans notre vie qui ait pu lui faire commettre cet acte. » Jean ne devait en aucun cas parler du réel motif du suicide de Bern, Mayer ne voulait pas que l’on sache « qu’un pédéraste avait été employé au studio. » Il demande aux autres dirigeants de la MGM de se taire : « Quand vous parlerez aux journalistes ou à qui que ce soit, ne dites rien. Contentez vous de pleurer. Vos familles aussi. De cette façon, vous ne direz pas d’imbécillités[14]. »

La Belle de Saigon, une comédie, sort peu de temps après et le jeu de Harlow est pour la première fois complimenté. L’année suivante, elle tourne avec Clark Gable Dans tes bras. Là encore, on salue la performance de Harlow. Elle est au sommet de sa carrière. George Cukor la dirige dans Les Invités De Huit Heures. Elle se montre heureuse de tourner dans ce film, d’autant plus qu’elle tombe amoureuse d’un caméraman, Harold Rosson. Quelques semaines après leur rencontre, ils se marient dans le plus grand secret. Seulement le bonheur est de courte durée, elle est opérée d’un appendicite aiguë et … divorce une nouvelle fois[14]. Elle tourne La Belle du Missouri. En 1935 elle joue dans Imprudente Jeunesse , avec William Powell. Ils tombent amoureux, Powell aime son côté naturel et candide, Jean se sent rassurée avec cet homme grand et fort. Powell sentira tout de suite qu’elle recherchait un père, et ayant compris ce besoin avait attribué un surnom à leur couple : « Baby et Popy »[15]. Le film est un échec commercial.

Elle tourne ensuite dans Une fine mouche avec Spencer Tracy qui a beaucoup de succès. Dans ce film on fit teindre Jean en un blond moins claire. Ses rôles, toujours à mi-chemin entre le comique et le tragique lui permettent d’exprimer les facettes de son talent. Jean devient en effet une comédienne reconnue, même si son physique est son plus grand atout. Tout semble sourire pour Jean, qui a réussi à écarter de sa vie sa mère et son beau-père, et surtout elle file le parfait amour avec William Powell. Seulement, la fin est proche pour Jean, qui meurt en 1937.

Jean Harlow a surtout marqué l’histoire pour avoir été la première à arborer une coiffure blond platine au cinéma. En effet, ses cheveux d’un blond presque blanc (un caractère qui semblait lié à la blancheur exceptionnelle de sa peau, très sensible aux brûlures du soleil) étaient absolument naturels et devaient la faire remarquer d’Arthur Landau, le célèbre impresario qui la lança véritablement avec le film Hell’s Angels (Les Anges de l’enfer, 1930) d’Howard Hughes et l’accompagna durant sa courte carrière de star. Elle n’avait donc pas besoin de se teindre les cheveux comme certains l’ont affirmé. Elle doit également son look légendaire à Max Factor qui lui imagine un maquillage sombre et graphique, idéal pour le cinéma en noir et blanc. Mais elle doit également son succès à son jeu très sensuel qui lui vaut son surnom de « bombe platine ».

À l’époque, l’emploi d’une actrice blonde pour jouer des rôles à connotation sensuelle constitue une rupture radicale avec les habitudes des studios qui confiaient généralement aux brunes le soin de jouer les « bombes sexuelles » à l’écran. Jean Harlow fut la première actrice blonde à jouer les « femmes fatales ». C’est à partir des personnages qu’elle incarna durant sa courte carrière qu’est né le mythe érotique moderne — le culte — de la femme blonde dont Marilyn Monroe deviendra l’archétype ; mais Marilyn ne deviendra blond clair qu’en 1946 et c’est d’ailleurs ce nouveau look qui l’aidera à percer. Elle devint blond platine en 1960 lors du film Le Milliardaire. La brune Lana Turner adoptera le blond en 1938 pour un rôle dans un film avec Clark Gable, film qu’elle ne tournera finalement pas.

Jean Harlow suscita une mode des cheveux blond platine chez les jeunes américaines, qui décolorèrent leurs cheveux avec du peroxyde vendu dans les pharmacies. C’est surtout la première fois que le cinéma est à l’origine d’une mode chez les jeunes spectatrices. Sa notoriété rapide et spectaculaire lui vaut d’être la première actrice de cinéma à faire la couverture du magazine Life en mai 1937, un mois avant sa disparition.

L’American Film Institute a classé Jean Harlow à la 22e place des « légendes hollywoodiennes du XXe siècle ».

En 1936, elle tourne trois films. Sa femme et sa secrétaire de Clarence Brown, avec Clark Gable, et Suzy avec Cary Grant. Ces deux films sont des échecs au box office. Le public trouvait que Jean était employée dans des rôles qui ne lui convenaient pas. En revanche, Une fine mouche, avec William Powell et Myrna Loy, est un succès[15].

Jean Harlow est morte de ne pas s’être soignée[16]. Le 4 janvier 1937, Jean est sur le point de terminer Valet de coeur. Elle tombe malade, contracte la grippe et doit rester au lit jusqu’à la fin du mois de mars[17]. Peu après les premiers symptômes de la maladie qui va l’emporter apparaissent. Elle refuse de se soigner malgré les conseils des médecins. Elle souffre horriblement, les médecins doivent lui arracher les dents infectées qui la font souffrir[17]. Elle doit également se reposer pendant une longue période, mais doit commencer le tournage de ce qui sera son dernier film, Saratoga, avec Clark Gable.

L’infection rénale dont elle souffre maintenant provoque des ravages de plus en plus importants sur sa santé. La douleur est telle qu’elle doit s’absenter du plateau toutes les dix minutes[17]. Un soir, elle s’évanouit dans les bras de Clark Gable [17]. Cette fois, elle accepte de se faire soigner par les médecins. Mais sa mère, qui depuis longtemps exerce une tutelle tyrannique, empreinte de fanatisme religieux, refuse de lui prodiguer les soins nécessaires. Selon elle, le recours aux médicaments est un véritable péché, seules de longues prières peuvent sauver Jean. Clark Gable, tente de la voir, mais Mama Jean l’empêcha d’entrer et lui explique qu’elle s’occupe d’elle grâce à la Science Scientists, qu’elle guérira (et que Gable devrait se convertir à cette science) Ce dernier, inquiet, rapporte les dires à Landau, qui se rend compte de la gravité de la situation, et convainc Mama Jean de faire venir au un moins médecin, compromis qu’elle accepte, tant qu’elle reste aux côtés de sa fille. Elle autorise même une piqûre par une des infirmières, destinée à soulager les souffrances de sa fille. (source: Harlow, Irving Shulman, pages 313, 315 et 316) Elle ne laisse entrer quiconque dans la chambre de sa fille pendant que les seules personnes s’occupant de Jean ( Landau et le personnel médical) tentent de la convaincre de l’emmener à l’hôpital tout de suite, ces soins là n’étant pas suffisants. Ses médecins ont même l’idée de montrer à la mère des pages de Science and Health (le mouvement religieux dont elle est adepte) car il permettrait d’espérer que l’on pourrait sur ce point lui faire entendre raison : « Il est préférable que les Christian Scientists abandonnent la chirurgie, la réparation des os brisés et les dislocations au mains d’un chirurgien, le guérisseur spirituel se confinant à la restauration de l’esprit[18]. »

Finalement, Arthur Landau et les médecins l’enlèvent de force, pour la faire hospitaliser[8]. Malheureusement, il est trop tard et le 7 juin 1937, à 11 h 37, Jean Harlow décède, malgré des soins de qualité, d’une crise d’urémie[19]: « Jean subit deux transfusions mais vers neuf heures du matin, médecins et soignantes constatèrent que sa respiration était oppressée et faible, le souffle ténu qui sont les signes avant-coureurs de la fin. Des spasmes convulsifs indiquaient un œdème cérébral galopant. On fit à Jean injection d’adrénaline par voie intraveineuse pour l’aider à respirer mais elle ne sortait du coma que quelques instants chaque fois. Tentative désespérée pour sauver l’actrice, on fit venir une équipe de réanimation de la caserne des pompiers de Los Angeles. Sous la direction du capitaine Warren Blake, deux pompiers la placèrent sous une tente à oxygène et lui appliquèrent un masque sur le visage. » Page 324, le capitaine déclara : « Immédiatement, il nous est apparu qu’il n’existait pas d’espoir de la ressusciter. [...] Nous avons installé quatre bouteilles d’oxygène, reliées à un masque fixé sur son visage et nous avons commencé de lui insuffler de l’oxygène dans les poumons. Sa mère lui parlait et la secouait doucement pour essayer de la réveiller. Elle disait des paroles incohérentes. William Powell s’est avancé pour lui dire quelque chose mais il n’a pas pu. Il a craqué et a reculé. [...] Miss Harlow a été déclarée morte à 11 h 37. Nous avons continué les insufflations d’oxygène jusqu’à 11 h 40. ». Pour parvenir à boucler le tournage, on fait appel à une doublure, filmée de dos[18],[20]. « Ce fut Alice Faye- également blonde et nantie de formes opulentes- qui remplaça Jean Harlow. ».

Quand on annonça sa mort, William Powell eut un sanglot et quitta le hall, la mère de Jean fit une crise de nerfs et on lui administra des calmants, les chauffeurs de Jean pleuraient, leur visage pressé contre le mur. Landau et un des médecins descendirent l’escalier et furent conduits dans un petit bureau par une infirmière, qui perdant son calme professionnel, joignit ses larmes aux leurs[19].

Ses obsèques resteront parmi les plus grandioses de l’histoire du cinéma. Sa dépouille est placée dans un grand sarcophage drapé de velours noir[18]. Elle n’avait que 26 ans. Sa mère dit : « Jamais elle n’a dit une méchanceté à propos de quelqu’un. Elle était toujours gaie, elle cherchait toujours à faire plaisir à chacun[21]. » Son père a assisté à l’enterrement[22]. La mère de Jean ne se sentira jamais responsable de la mort de sa fille et inaugurera un musée sur Jean. William Powell regrettera de ne pas l’avoir épousée, de ne pas l’avoir délivrée vraiment de l’éducation ultra religieuse de sa mère[13].

Le Time écrira : « Elle fut la première incarnation américaine du sex appeal[18]. »

Louis B. Mayer dira : « Elle était la fille la plus belle et la plus gentille que j’ai connu[23]. »

Clark Gable fut trop accablé par le chagrin pour faire des commentaires[24].

Dans le New York Herald Tribune, Marguerite Tazeleaar écrira : « Le dernier film de Jean Harlow, dont la diffusion a débuté hier au Capitol, m’a laissé une impression de profonde tristesse. En partie parce que je garde le souvenir de cette actrice jeune et douée qui est morte prématurément, mais aussi parce que dans ce film, on pressent sa fin prochaine. D’un bout à l’autre, elle apparait malade et tente avec courage d’apporter dans son jeu un peu de vigueur et de sentiment. Saratoga constitue en quelque sorte l’adieu d’une jolie jeune femme et d’une actrice douée. Jean Harlow domine ce film, qui est à l’image de son drame intérieur[18]. »

La mort de Jean suscita beaucoup de rumeurs : Jean serait morte à cause d’un régime trop draconien, ou d’un mélange d’alcool et de stupéfiants, ou d’un cancer provoqué par le liquide, la cire et le rembourrage sous-épidermique qu’elle aurait utilisé pour avoir une grosse poitrine, d’autres parlèrent de la syphilis, ou encore que ce sont les soi-disantes teintures qui ont empoisonné son cerveau[25]… Elle repose au cimetière de Forest Lawn à Hollywood[25].

  • Jean Harlow fut la maîtresse de Bugsy Siegel, un gangster américain et l’inventeur supposé du jeu à Las Vegas et fut la marraine de la fille de Siegel prénommée Millicent. Elle fut aussi la maîtresse amante d’un autre malfrat, Abner Zwillmann, qui lui permit de tourner des films avec la Columbia, en échange du remboursement d’un prêt accordé par Zwillmann à Harry Cohn, le patron du studio à l’époque.
  • Paul Bern, producteur à la MGM et second mari de Jean Harlow, fut retrouvé mort dans la chambre de sa femme située dans leur maison de Easton Drive, à Benedict Canyon. Il était nu, et couvert du parfum de son épouse. On affirma plus tard que Bern fut assassiné par une maîtresse éconduite qui voulut se venger après leur rupture.
  • Enfant, Marilyn Monroefit de Jean Harlow l’un de ses modèles. Un studio envisagea en 1962 de tourner une biographie de l’actrice et pressentit Marilyn pour tenir le rôle, mais ce projet ne vit jamais le jour. Il existe d’ailleurs de nombreuses similitudes entre la vie de Marilyn et de celle de Jean :
    • Marilyn n’a jamais connu son père, le père de Jean s’est peu occupé d’elle. Elles souffrirent toutes les deux de cette carence affective et cherchèrent toutes les deux un père.
    • Bien que Marilyn était en réalité châtain, dans la petite enfance elle avait des cheveux platine, comme son idole. Marilyn déclara en 1960, lors d’une interview par George Belmont qu’elle avait les cheveux blonds platine, alors on l’appelait « Tête d’étoupe » et qu’elle avait horreur de ça, qu’elle rêvait d’avoir des cheveux blond doré… jusqu’au jour où elle vit Jean, avec des cheveux blond platine comme les siens[26]. Jean Harlow n’aimait pas la couleur de ses cheveux, elle aurait dit un jour qu’elle aurait donné n’importe quoi pour être brune ou rousse[13].
    • Marilyn arrêta ses études et se maria pour la première fois au même âge que Jean, à seize ans. Elles totalisent toutes les deux trois mariages, dont leur premier, " hors show biz ", quand elles n’étaient pas encore célèbres.
    • Toutes deux n’arrivaient pas à être mère, Jean était stérile et Marilyn n’arrivait pas à mener à terme ses grossesses.
    • Toutes les deux choquèrent leurs contemporains par leur tenues provocantes et ne portèrent pas de sous-vêtements sous leur robe.
    • L’acteur Ben Lyon tourna avec Jean dans Les Anges de l’enfer en 1930, le premier film où Jean était la vedette. C’est également lui qui fit passer le premier bout d’essai à Marilyn, en 1946.
    • Toutes les deux furent invitées à l’anniversaire d’un président (John Fitzgerald Kennedy pour Marilyn, Franklin Delano Rooseveltpour Jean) en abandonnant un tournage et se le virent reprocher.
    • Clark Gable fut leur dernier partenaire (Les Désaxés en 1961 pour Monroe, Saratogapour Jean).
    • Le 7 juin 1937, Harlow mourrait, le 7 juin 1962, Marilyn était renvoyée par la Fox.
    • Elles moururent toutes les deux très jeunes, dans des circonstances douteuses, ne pouvant terminer le tournage de leur dernier film.
    • À la mort de Marilyn, chaque semaine, son ex-mari, Joe DiMaggio, faisait fleurir sa tombe pendant des années, comme le fit avant lui William Powellpour Jean Harlow.
    • Elles utilisèrent toutes les deux le nom de leur mère comme nom de scène : Jean Harlow étant le prénom et le nom de sa mère, Monroe le nom de jeune fille de sa mère, Gladys.
    • Elles furent toutes les deux élevées dans la Science Chrétienne.
    • Comme Jean Harlow, et bien qu’elle soit célèbre, Marilyn fit la grève pour obtenir une révision financière de ses contrats avec les studios.
    • Elles tournèrent toutes les deux avec Cary Grant et William Powell et furent dirigées par George Cukor.
    • Toutes les deux eurent une santé assez fragile.
    • Howard Hughes aida beaucoup Jean pour sa carrière, selon certains, il aurait vu Marilyn dans un magazine, alors mannequin, dans les années 40, et aurait voulu l’engager.

Jean décéda à l’âge de 26 ans, Marilyn naquit en 1926. Marilyn posa en décembre 1958 pour Richard Avedon dans la peau de différentes actrices dont Jean… En 1962, Marilyn devait l’interpréter et rencontrer la mère de Jean (ce qui ne se fera jamais à cause du décès de Marilyn). Marilyn avait dit, au sujet de ce film biographique, qu’elle espérait qu’une fois qu’elle serait partie, on ne lui ferait pas la même chose. (sources : Marilyn Monroe derrière le miroir, d’Olivier Stauffer, pages 250 et 252 )

  • Jean Harlow est mentionnée dans la célèbre chanson de Madonna, Vogue (1990).

Jean Harlow