Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, de retour en France : quelle émotion !

Après 547 jours de détention en Afghanistan aux mains des talibans, Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière sont libres. C’est la mère de Stéphane Taponier qui l’a confirmé mercredi sur LCI avant une annonce officielle de Bernard Accoyer à l’Assemblée nationale. Rapatriés depuis Kaboul, les deux otages de France Télévisions ont atterri ce jeudi matin à la base de Villacoublay, près de Paris, aux alentours de 8h45 selon l’AFP.

Les familles des ex-otages sont arrivées sur place vers 8h à bord de trois monospaces noirs escortés par la police. Elles ont été amenées à l’écart pour des retrouvailles privées. Le président Nicolas Sarkozy et Carla Bruni sont également présents ; ils ont souhaité que cette rencontre avec Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier se déroule à huis clos. Sarkozy a bien compris la leçon : ne pas médiatiser ce genre d’événement, même majeur. Un bon point pour ce changement de com’, monsieur le Président ! TF1 a cependant immortalisé l’image que tout le monde attendait, la descente d’avion des deux ex-otages.

À 9h35, Hervé Ghesquière fait ses premières déclarations sur France 3 au micro d’Élise Lucet, responsable du magazine Pièces à convictions, pour lequel il travaillait avec Stéphane Taponier lors de leur enlèvement le 30 décembre 2009. Élise Lucet est particulière émue, les yeux brillants, elle embrasse ses journalistes avant de recueillir leurs premiers mots. Ghesquière ne déplore que "quelques problèmes de santé mineurs", de la fatigue et explique avoir "passé huit mois seul" entre les "13 avril et 13 décembre 2010". Elle aura au moins eu cette joie de voir ses copains libérés avant son obligation d’abandonner la présentation de ce magazine pour rester seulement sur France 2, à la présentation du JT de 13h.

Quelques minutes plus tard, Ghesquière et Taponier sont réunis sur le tarmac pour une conférence de presse. Selon i>télé, seuls les journalistes de France Télévisions auront droit de poser des questions aux ex-otages.

Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier étaient enfermés "23h45 par jour", mais assurent qu’ils avaient un "moral d’acier". Sur le tarmac, sous l’oeil de dizaines de caméras, ils semblent amaigris certes, mais vifs et pleins d’esprit. "Nous n’avons jamais été frappés, attachés ou menacés de mort", ajoute Ghesquière. "On pouvait tenir encore", souligne Stéphane Taponier. "Donc on va très, très bien." Malgré ce relatif bon traitement, le problème restait la nourriture, "peu et toujours la même". De l’exercice leur permettait d’évacuer le stress engendré par l’enfermement dans une pièce de 10m². Ils écoutaient aussi beaucoup la radio, RFI pour Taponier et la BBC pour Ghesquière. Ce dernier tenait son journal pendant ces 547 jours de captivité, un témoignage que l’on imagine précieux mais qui ne sortira jamais de la vallée de Kapisa où ils étaient retenus.

"La grande différence entre un prisonnier et un otage, c’est que le prisonnier décompte les jours jusqu’à sa libération, nous on ne savait pas", rappellent Ghesquière au sujet des nombreux faux espoirs qu’on leur a donnés durant leur captivité, comme lorsqu’en décembre 2010 on leur a annoncé que "dans trois jours" ils seraient "dans un avion pour Paris". Trois jours qui sont devenus 6 mois. Mais il y a deux semaines, ils ont "senti" que quelque chose se passait. Ils n’ont été soulagés qu’en arrivant à la base afghane, première étape de leur voyage retour en France.

Visiblement très heureux, Hervé Ghesquière n’en oublie pas sa chance : "Des otages, y’en a beaucoup, et je pense à ceux qui n’ont pas été libérés ou qui ont été abattus lors d’opérations de sauvetage, nécessaires, qui ont échoué. J’y pense beaucoup."

Il termine par évoquer son métier de journaliste et ce que cette prise d’otage a changé. Hervé Ghesquière, dans un sentiment très certainement partagé par Stéphane Taponier, force le respect : "J’ai envie de faire ce métier plus que jamais."

Prochaine étape pour les ex-otages : rejoindre un hôpital pour un examen complet. Ils sont attendus à France Télévisions à 15h. Ils y seront reçus par le président Rémy Pflimlin et son prédécesseur Patrick de Carolis, mais devront très probablement avant (et après !) être entendus par les experts de la DGSE (les services secrets) pour un second débriefing – le premier a eu lieu en Afghanistan, à chaud.

Entre le deuxième et le dixième jour de leur libération, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier recevront l’aide d’un psychiatre pour prévenir toutes névroses post-traumatiques.

A la question que tout le monde et surtout les journalistes se posent : Y a-t-il eu paiement d’une "rançon" ? De combien ? Contre quels engagement ont-ils été libérés ? On s’en moque, non ? Deux hommes, deux êtres humains, deux journalistes qui faisaient leur métier sont aujourd’hui libres, le prix de cette liberté ? Ça ne nous regarde pas !

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