5 conseils pour arrêter de culpabiliser

« Je suis nulle », « Je n’aurais pas dû », « J’ai mal fait »… Que celui ou celle qui ne s’est jamais senti coupable passe son chemin. Quant aux autres, voici quelques conseils pour comprendre cette encombrante émotion et, mieux, la mettre à distance.

 

Pourquoi vous culpabilisez ?

cupabiliser, quoi

« La culpabilité naît de la coupure et de la séparation », estime Gilles Gandy, psychosociologue.

« Prenons l’exemple d’Adam et Eve : après avoir voulu goûter au fruit défendu, ils se rendent compte de leur différence sexuelle et donc de leur séparation, et ils deviennent alors honteux et coupables. » D’une certaine façon, dans chaque culpabilité on retrouve cette notion de séparation, de « dé-fusion » avec l’autre que l’on va vivre comme le fait de le décevoir, de ne pas répondre à ses attentes, de ne pas le combler, mais aussi de perte de notre propre toute-puissance. Ainsi le divorce génère de la culpabilité : « Qu’ai-je manqué dans la relation ? » ou parfois le sevrage d’une mère avec son bébé : « Mon bébé va souffrir à cause du manque que je lui inflige. »

 

 

Ne soyez pas trop exigeant(e) avec vous-mêmes

culpabiliser, exigences

La personne vis-à-vis de laquelle on se sent, au fond, le plus coupable, c’est soi-même, ou plus exactement cette petite voix intérieure (le surmoi pour les psychanalystes) qui nous juge en permanence.

« Pour moi, il s’agit du mental qui fonctionne sur le mode on/off, c’est bien/c’est mal. Et va provoquer ainsi une émotion : la culpabilité » souligne Gilles Gandy. « Mais cette émotion naît de l’impossibilité d’être parfait. Accepter de ne pas être parfait, de ne pas tout faire bien, renoncer à la toute-puissance, en reconnaissant ses failles et ses faiblesses, voilà qui permet de mieux s’aimer. »

Tout n’est pas noir ou blanc !

culpabiliser, responsabilites

« La psychologie moderne a trop tendance à confondre culpabilité et responsabilité » estime Gilles Gandy.

« En acceptant de prendre sa part dans une situation, on sort aussi du statut de victime, comme de celui de persécuteur : on devient acteur à part entière. » Autrement dit, accepter de penser autrement qu’en terme de faute à prendre sur soi ou à jeter sur l’autre, c’est accepter qu’une situation ne soit pas ou toute blanche ou toute noire, mais qu’il puisse exister des nuances, des parts d’ombres, y compris chez soi. Bref, on devient adulte, capable de supporter de ne pas être tout bon.

Assumez vos « mauvais » côtés

culpabiliser, mauvais côtés

Au cours de notre enfance, on nous inculque des notions de bien et de mal, indispensables pour vivre en société.

Nous les intégrons, jusqu’à ce qu’elles constituent un idéal auquel nous nous référons toujours, plus ou moins consciemment. Mais l’idéal est par définition un horizon inatteignable. Il ne nous reste que la souffrance et la honte de ne pas avoir réussi à le toucher, c’est-à-dire ce que nous pensons percevoir du regard de l’autre sur notre supposé échec. « Une bonne façon de se défaire de ce mécanisme, c’est s’entraîner à écouter son désir, quitte à réaliser des actes que notre morale réprouve, sans nuire à autrui, évidemment, puis d’observer en conscience ce qui se passe » explique le psychosociologue. Et, ô surprise, on se sent plutôt satisfait sans pour autant que le ciel nous soit tombé sur la tête !

Repérez avec qui vous vous sentez coupable

culpabiliser, qui

En reconnaissant avec qui l’on se sent coupable, on en arrive à mieux comprendre de quelle type de faute on s’accuse.

Ainsi, on peut éprouver de la culpabilité vis-à-vis de son conjoint, son enfant, ses parents, son patron. Mais, parfois, celui avec qui l’on se sent coupable est aussi celui que l’on accuse. « Face à la culpabilité on peut réagir de deux façons : soit la garder à l’intérieur et donc s’auto-accuser, soit la jeter à l’extérieur de soi et la projeter sur l’autre et donc l’accuser » explique Gilles Gandy. Un mécanisme qui peut se retourner car il peut arriver également que l’on s’accuse afin ne pas avoir à accuser l’autre, pour le protéger.

Sources

Merci au Dr Gilles Gandy, professeur en psychosociologie et auteur de  » La culpabilité, l’émotion qui tue « , aux éditions Le Courrier du Livre.
Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s